12 mai 2016
Trois jours sans eau potable
Par: Benoit Lapierre
Trois jours sans eau potable

Trois jours sans eau potable

Le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, le directeur du Service du génie, Charles Laliberté et le conseiller technique en traitement de l’eau, Pierre Mathieu, au cours de la conférence de presse du 5 mai. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, le directeur du Service du génie, Charles Laliberté et le conseiller technique en traitement de l’eau, Pierre Mathieu, au cours de la conférence de presse du 5 mai. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La crise de l’eau dans laquelle la ville de Saint-Hyacinthe et des territoires connexes se sont retrouvés plongés la semaine dernière après la découverte d’une bactérie E. coli dans un échantillon d’eau n’aura finalement duré que trois jours, du moins à Saint-Hyacinthe même.

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L’avis d’ébullition que la Ville a commencé à diffuser à 18 h 20 le mercredi 4 mai a pu être levé dès le samedi 7 mai à 11 h. Les analyses réalisées sur deux séries de 20 échantillons d’eau les 5 et 6 mai – c’est la marche à suivre en pareille situation – ont confirmé que l’eau distribuée par le réseau d’aqueduc était propre à la consommation. Le délai qui s’est écoulé avant la fin de l’alerte est le plus court que pouvaient espérer les Maskoutains dans les circonstances.

En tout, ce sont 65 000 personnes qui ont été touchées par cette interdiction de consommer l’eau de l’aqueduc sans l’avoir fait bouillir pendant au moins une minute. En plus de son propre territoire comptant 54 000 habitants, la Ville dessert en eau les municipalités de aint-Dominique, Saint-Simon, une partie de la ville de Saint-Pie (secteur Petit rang Saint-François) et de la municipalité de Sainte-Marie-Madeleine (secteur Douville, bordant la limite ouest de Saint-Hyacinthe).

Bien que la municipalité de La Présentation possède son propre système d’aqueduc alimenté par des puits, elle a dû se plier aussi à l’avis d’ébullition, par précaution, son réseau étant relié à celui de Saint-Hyacinthe en deux points. « Il y avait une fuite à Saint-Hyacinthe, et la Ville nous avait demandé de pousser de l’eau vers eux pour alimenter le secteur entre la fuite et chez nous. Après la réparation, ils nous ont dit que de l’eau (provenant de la Ville) avait pu entrer dans notre ­réseau. Il n’y avait pas de chance à prendre », a indiqué le maire de La Présentation, Claude Roger.

Comme les municipalités approvisionnées en eau par Saint-Hyacinthe, La Présentation a dû ­commander ses propres analyses et obtenir des résultats probants quant à la qualité de l’eau avant d’aviser ses citoyens qu’il n’y avait plus de danger, ce qu’elle a pu faire dès samedi. C’est aussi samedi que l’avis a été annulé à Saint-Dominique, où des échantillons avaient été prélevés jeudi et vendredi, aux fins d’analyse. Pour la portion du Petit rang Saint-François, Saint-Hyacinthe a avisé la Ville de Saint-Pie que des analyses n’étaient pas nécessaires; le retour à la normale à cet endroit s’est donc produit samedi matin. Mais à Sainte-Marie-Madeleine, des échantillons d’eau ont dû être prélevés et analysés, ce qui a été fait lundi et mardi, de sorte que l’avis d’ébullition pour le secteur Douville n’a pu être levé avant. À Saint-Simon, la municipalité attendait aussi les résultats d’analyses effectuées lundi et mardi avant d’annoncer que tout était rentré dans l’ordre.

Eau en bouteille

L’avis d’ébullition du 4 mai a déclenché une ruée vers l’eau embouteillée, mais elle n’a pas provoqué de pénurie. Dans le district Douville, par exemple, le supermarché IGA Jodoin a toujours pu approvisionner ses clients. « Vers 16 h jeudi, tout le monde voulait de l’eau, surtout des bouteilles de 4 litres qu’on utilise pour cuisiner. Mais on avait averti nos fournisseurs, et nous avons toujours eu de l’eau en quantité, sauf peut-être pour des produits de certaines marques. On a aussi fourni 50 caisses de bouteilles de 500 ml à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal », a indiqué Francis Lalumière, gérant d’épicerie.

À la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, une distribution de bouteilles d’eau s’est amorcée dès jeudi matin, et l’opération s’est poursuivie dans l’après-midi. Les élèves de tous les secteurs ont ainsi reçu une bouteille d’eau.

Une bactérie

En conférence de presse jeudi dernier, le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, a expliqué que du chlore libre se trouvait dans l’échantillon d’eau qui a été contaminé par une bactérie Escherichia coli. C’est le signe, selon lui, qu’elle ne circulait pas dans le réseau. « C’est peut-être la bouteille d’échantillonnage qui n’était pas conforme », a-t-il avancé.

Cet échantillon provenait de l’avenue Saint-Louis, où se trouve l’un des 14 points de prélèvement régulièrement visités par les proposés de l’usine de ­filtration. Ils envoient ensuite les échantillons au laboratoire Biovet, de Saint-Hyacinthe, qui procède aux analyses et qui en transmet les résultats au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). « Le 4 mai vers 16 h 38, le Ministère nous a informés que nous avions un échantillon présentant la bactérie E. coli », a mentionné M. Bilodeau, précisant que l’échantillon en question avait été pris le 3 mai, à midi.

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