18 juillet 2019
Carte blanche
Trois solitudes?
Par: Pierre Bornais
publicité

Depuis des décennies, on parlait surtout de deux solitudes pour décrire la coexistence relativement pacifique du Québec et du ROC, formant la partie méridionale du Canada.

Depuis peu, on parle toutefois de plus en plus de trois groupes, en se référant aux populations qui vivent près des océans qui constituent trois des limites du pays. Et aux civilisations qui y évoluent, partageant globalement un même espace vital. Comme le dit si bien le premier ministre Trudeau, « from coast, to coast, to coast ».

Ce qu’il y a de nouveau, c’est qu’on semble vouloir ainsi corriger une situation qui dure depuis la mise sur pied de la Confédération et se limitait à « deux peuples fondateurs ». Ce n’est pas anodin puisque, jusqu’à tout récemment, les Premières Nations et les Innus avaient plutôt le statut de « mineurs protégés » par l’État et de non de peuples.

Il faut souhaiter que la reconnaissance officielle de cette réalité ouvrira la porte à un changement de mentalité qui ira plus loin que le discours. Pas question de refaire l’Histoire du Canada, mais bien de ne pas s’enfermer dans une dynamique comme celle qui a été imposée au Québec au fil des siècles.

Les droits acquis au fil des ans ont été longtemps contestés et sont souvent remis en question, au nom de l’intérêt national. Aujourd’hui, on ne se gêne pas pour reprocher au Québec d’encaisser la péréquation et de s’opposer à « l’intérêt national », surtout quand il est question d’oléoduc. On n’admet pas que le Québec, uniquement voie de passage vers l’extérieur, comme en Colombie-Britannique, mette de l’avant le critère de l’acceptabilité sociale. Alors même que, actuellement, plus de la moitié du pétrole importé au Québec provient de l’Ouest canadien! Et le fédéral, à l’approche des élections, ne doit pas s’en mêler!

image