9 août 2012
Trop jeune?
Par: Pierre Bornais

Y a-t-il un âge trop précoce pour se lancer en politique?

Y a-t-il un âge trop précoce pour se lancer en politique?

La question interpelle plusieurs personnes selon le sondage-maison du journal; la candidature de Léo Bureau-Blouin servant de toile de fond. Mais elle prend une nouvelle dimension après la déclaration attribuée à Mme Marois à l’effet que le candidat-vedette de son parti est trop jeune pour devenir ministre en cas de victoire du PQ. Dès lors, l’interrogation devient moins théorique. Et que les qualités de la personne en cause ne constituent pas le critère primordial dans la vision québécoise de la politique; l’expérience – liée à l’âge – ayant aussi son importance. De toute évidence, certains individus ne possèdent pas les qualités attendues, peu importe leur âge; et ne les posséderont jamais! D’autres par contre présentent un potentiel intéressant, malgré – il faut le dire – leur jeune âge. Et ils peuvent briguer un poste de député dans une assemblée législative. Pourquoi leur imposer de « faire leurs classes » durant des années avant d’accéder à un poste de ministre? Serait-ce à dire qu’on accueille volontiers la jeunesse, mais à la condition qu’elle ne soit pas trop verte (en début de carrière par exemple)? En posant cette limite bien réelle, la « récupération » par une formation politique de l’ex-président des étudiants du collégial devient évidente… et c’est dommage! On l’enverra au front durant la campagne, exploitant son enthousiasme et son dynamisme. Pour ensuite le reléguer parmi les députés bien loin de la zone d’influence et de décision de l’état-major du chef, que ce soit au gouvernement ou dans l’opposition officielle. De toute façon, là où les députés d’arrière banc végètent et perdent peu à peu le charisme qui les a amenés à briguer un poste électif. Et ce n’est certainement pas une façon de « faire de la place aux jeunes »! -30-

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