6 octobre 2016
Carte blanche
Trop ou pas assez?
Par: Pierre Bornais

Ce qui pourrait n’être qu’une chicane supplémentaire entre le ministre Barrette et les médecins soulève des enjeux majeurs pour l’ensemble de la population.

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Y a-t-il trop ou pas assez de médecins au Québec? Le ministre parle d’un excédent de 2 000 alors que les porte-parole des médecins apportent à tout le moins un bémol, quand ce n’est pas pour dire que c’est le système qui est en cause.

Pendant ce temps, des centaines de milliers de Québécois – pour ne pas dire plus de 1 million – sont « orphelins », se retrouvant sur des listes qui s’allongent sans cesse. Et c’est certainement ce qui préoccupe d’abord la majorité d’entre eux puisque, en cas de besoin immédiat, ils dépendent des cliniques sans rendez-vous. Bien sûr, ils peuvent toujours aller au privé et acquitter des frais parfois importants, tout en étant assurés d’un accès rapide, contrairement au service public. Dans un tel contexte, comment parler d’un régime universel dans le domaine de la santé alors que tout le monde est mis à contribution pour en assurer le financement?

Excès et pénurie sont des termes irréconciliables dans n’importe quelle matière. Considérant les sommes importantes que le Québec investit chaque année dans les honoraires des médecins, comment se fait-il que la population n’en a pas pour son argent?

Les médecins de toutes catégories sont indispensables dans une société moderne, mais ils sont aussi au premier rang dans la responsabilité d’assurer tous les services à la population. Entrepreneurs à employeur unique, ils ne doivent pas utiliser ce privilège pour prendre littéralement la population en otage. Et 2 000 médecins à 200 000 dollars en moyenne par année, cela constitue un joyeux pactole de l’ordre de 200 millions qui pourrait certainement être utilisé à meilleur escient.

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