26 mars 2020
Trouver une façon de rire encore
Par: Maxime Prévost Durand

Même s’il ne peut plus présenter de spectacle pour plusieurs semaines, Guillaume Pineault se tourne vers les réseaux sociaux pour faire rire les gens et leur mettre un sourire au visage en cette période de crise. Photo gracieuseté

Comme tous les artistes – et une grande partie de Québécois -, l’humoriste Guillaume Pineault s’est retrouvé du jour au lendemain pratiquement sans boulot. Tous les spectacles de sa tournée Détour ont dû être reportés, dont celui qu’il devait donner au Centre des arts Juliette-Lassonde le 28 mars, et un retour sur scène semble maintenant bien loin. Même s’il n’échappe pas à l’anxiété collective, le Maskoutain trouve différentes façons de continuer de rire et de faire rire.

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Depuis environ une semaine, il donne rendez-vous aux gens sur Instagram, chaque soir à 22 h, pour une heure de contenu en direct avec son bon ami Matthieu Pepper. Chacun chez lui, ils se retrouvent virtuellement pour produire ce rendez-vous qu’ils ont appelé affectueusement « Ça prend pas la tête à Pepp Pineault Late Show ».

« On essaie de se changer les idées, de détourner la discussion de la COVID-19. On jase de tout et de rien, mais ça fait du bien. Et les gens qui nous regardent nous posent des questions et ça nous part sur des anecdotes », raconte Guillaume Pineault dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER.

Il partage aussi chaque matin sur Facebook une anecdote de son cru qu’il ressort de son historique pour essayer de faire sourire quelques minutes.

« Ça faisait longtemps que je voulais faire un recueil de mes anecdotes. J’en ai une quarantaine en banque. Je trouve ça le fun à faire et les gens ont embarqué. Beaucoup de monde m’écrit pour me dire qu’ils attendent à 10 h 30 chaque jour pour lire la nouvelle. »

L’incertitude

S’il ne peut plus monter sur scène, l’humoriste a pu continuer de collaborer à l’émission de radio Véronique et les Fantastiques. Mais même là, il risque de devoir trouver des méthodes différentes pour poursuivre ses chroniques puisque l’accès au studio est de plus en plus restreint avec toutes les mesures qui sont prises. « Bien des Fantastiques ont un studio maison, mais ce n’est pas mon cas, j’ai seulement mon cellulaire. »

Inévitablement, le report des spectacles qui étaient à l’horaire pour les prochaines semaines a un impact financier. Les artistes sont habituellement payés après les représentations. « Mais j’ai été responsable et je suis correct pour l’instant », indique Guillaume Pineault.

Si la situation devait perdurer toutefois, cela pourrait devenir plus difficile, avoue-t-il. « En ce moment, on est un groupe d’humoristes de la relève qui s’écrit et qui essaie de voir où on cadre dans cette espèce de charte pour avoir de l’aide. »

Ce qui pèse lourd présentement, c’est toute cette incertitude qui mène le monde. « On ne sait pas s’il y a une autre marche dans l’escalier », image-t-il.

Il venait tout juste de terminer le rodage de ce premier spectacle. « C’était rendu le vrai show, le bout le fun commençait et tout est arrêté. C’est comme un coït interrompu », lance-t-il à la blague.

Cela lui permet néanmoins de traduire ses temps libres en création. « J’ai commencé à écrire autre chose qui ne servira pas nécessairement pour un show, mais peut-être pour un recueil ou un livre. »

Mais il rêve du jour où il pourra renouer avec son public, sur la scène d’une salle, et entendre les rires à nouveau. « J’ai hâte en maudit que la première date reportée soit respectée », laisse-t-il tomber.

En attendant, pour survivre à la crise du papier de toilette, il s’est fait livrer un bidet qu’il venait tout juste de recevoir par la poste au moment de l’entrevue. Gageons qu’une savoureuse anecdote à ce sujet sera partagée très bientôt sur ses réseaux sociaux.

Quant à son spectacle prévu à Saint-Hyacinthe le 28 mars, il est reporté au samedi 13 juin. Il reviendra également sur la scène du Cabaret André H.-Gagnon le vendredi 25 septembre.

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