6 avril 2017
Dossier du tunnel Casavant
Tunnel Casavant: la route 235 vaut son pesant d’or
Par: Benoît Lapierre
La députée de Saint-Hyacinthe / Bagot à la Chambre des Communes, Brigitte Sansoucy.   Photothèque Le Courrier

La députée de Saint-Hyacinthe / Bagot à la Chambre des Communes, Brigitte Sansoucy. Photothèque Le Courrier

Modifier le tracé de la route nationale 235 dans la ville de Saint-Hyacinthe pourrait s’avérer la clé qui ouvre la porte aux grosses subventions dans le projet d’étagement ferroviaire du boulevard Casavant Ouest, dont le coût est maintenant estimé à 32 M$.

C’est la députée néo-démocrate de Saint-Hyacinthe/ Bagot à la Chambre des Communes, Brigitte Sansoucy, qui a trouvé ce filon en examinant le dossier sous toutes ses coutures avec les membres de son équipe, selon les critères du programme Fonds Chantiers Canada-Québec.

« En essayant de trouver toutes les avenues possibles dans le financement, on a découvert que dans le cas des routes numérotées, un saut-de-mouton peut être subventionné à 50 % par le gouvernement fédéral », a indiqué Brigtitte Sansoucy, lorsque questionné par LE COURRIER dans le dossier.

Théoriquement, les travaux admissibles au programme doivent être financés en trois parts égales par les deux gouvernements et la municipalité bénéficiaire. En participant à hauteur de 50 %, le fédéral allègerait la part d’au moins un de ses partenaires si le projet de Saint-Hyacinthe était inscrit à Chantier Canada-Québec.

Mais il y a un hic : les sauts-de-mouton n’apparaissent pas à la liste des ouvrages admissibles dans le volet québécois du programme. « Mais comme ils le sont dans le programme fédéral, le ministre peut les inclure », croit la députée Sansoucy.

Elle a ajouté que dès qu’elle a su que les routes numérotées bénéficiaient d’un statut particulier, elle en a avisé le maire Claude Corbeil, de même que la députée caquiste de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, Chantal Soucy, laquelle se préoccupe également du dossier du tunnel Casavant.

Le 2 mars, elle se trouvait à Québec en compagnie du maire Corbeil et du directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau, pour exposer le dossier aux représentants du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire. « Le chef de cabinet, le sous-ministre et le conseiller politique de Martin Coiteux se sont montrés très réceptifs à notre présentation et je vous mentirais si je vous disais que je n’éprouve pas un petit sentiment de satisfaction en ce moment. Rien n’est gagné, mais on sent qu’on vient de faire un grand pas dans la bonne direction », mentionnait la députée Soucy dans un communiqué sur la rencontre de Québec.

De son côté, Brigitte Sansoucy signale que l’inscription du projet de Saint-Hyacinthe à Chantier Canada doit être faite par le gouvernement du Québec, ce qui suppose qu’il devrait alors chiffrer sa propre participation financière. « Moi, je vais intercéder auprès des autorités fédérales sur une demande faite par Québec », lance-t-elle.

Route 235

C’est donc dire qu’un simple changement au tracé officiel de la route 235 pourrait rendre Saint-Hyacinthe admissible à une subvention de 16 M$ du gouvernement fédéral. Passé le pont Douville en direction nord, ce tracé, au lieu de bifurquer vers la rue Dessaulles et le boulevard Choquette avant de rejoindre les boulevards Casavant et Laframboise, emprunterait l’avenue Castelneau et le nouveau tronçon de Casavant ouest, complété grâce au saut-de-mouton enjambant les voies ferrées du CN.

« Comme la Ville a scindé le projet en plusieurs étapes, on a un peu de temps devant nous. Tant que les étapes à subventionner ne sont pas commencées, la Ville peut faire des travaux préparatoires à ses frais », signale Brigitte Sansoucy, une ex-conseillère à la Ville de Saint-Hyacinthe.

Elle confirme que le Canadien national, maître d’œuvre du projet, pourrait être tenu d’assumer 15 % du coût total du projet, ce qui pourrait réduire encore la part de la Ville. Cette règle du 15 % est appliquée par l’Office des transports du Canada lorsque les travaux permettent d’éliminer un passage à niveau présentant des lacunes sur le plan de la sécurité. Selon Mme Sansoucy, celui du Grand Rang entre dans cette catégorie.

Le maire Corbeil, quant à lui, ne cracherait pas sur une subvention fédérale de 16 M$ s’il suffisait, pour l’obtenir, de changer le tracé de la route 235. Mais lundi, après la séance du conseil, il a laissé entendre que sur ce point, quelque chose n’allait pas avec l’autre partenaire. « À Québec, ça ne semblait pas une option possible. Mais il reste des choses à valider et on est en attente de réponses dans le dossier. Ça ne devrait pas tarder », a-t-il commenté. 

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