30 mai 2019
Un accès pour tous dans les commerces maskoutains
Par: Rémi Léonard

Même les modèles qui se retrouvent dans les photos utilisées dans le guide sont des personnes bien de chez nous. On reconnaît ici Jani Barré et Isabelle Bonin. Photos François Larivière | Le Courrier ©

On choisit habituellement un commerce pour la qualité de ses produits, de son service ou pour sa proximité, mais pour bien des personnes, le choix se limite trop souvent aux lieux qui leur sont accessibles.

C’est pour faire face à cette iniquité que la Ville de Saint-Hyacinthe a annoncé au printemps un programme d’aide financière pour inciter les commerçants à rendre leur établissement le plus accessible possible. Les subventions s’avèrent particulièrement généreuses pour les commerces du centre-ville, qui pourront bénéficier d’une aide financière atteignant 90 % du coût des travaux admissibles, jusqu’à concurrence de 50 000 $. La zone couverte est limitée au cœur commercial du secteur, mais les autres commerces de l’ensemble du territoire peuvent tout de même se tourner vers un programme de la Société d’habitation du Québec, qui offre quant à lui une aide financière couvrant 75 % du coût des travaux admissibles, pour un maximum de 15 000 $.

Concrètement, on pense à des améliorations comme une rampe d’accès, des portes à ouverture automatique, un stationnement réservé aux personnes à mobilité réduite, des toilettes adaptées ou un terminal de paiement amovible. La liste des améliorations à apporter pour améliorer l’accessibilité d’un endroit est d’ailleurs détaillée dans un guide produit par la Ville et la Table de concertation des organismes offrant des services aux personnes handicapées de la région de Saint-Hyacinthe. On y retrouve également les détails des programmes offerts aux marchands qui veulent mettre leur commerce à niveau. Dans les deux cas, le service de l’urbanisme de la Ville de Saint-Hyacinthe est la porte d’entrée indiquée pour s’informer des modalités.

Ce guide au contenu 100 % maskoutain détaille par ailleurs pourquoi de tels investissements sont rentables pour les commerçants. Améliorer l’accessibilité d’un endroit rend évidemment la vie plus facile aux personnes qui se déplacent en fauteuil roulant, mais aussi aux personnes âgées, celles atteintes d’une déficience visuelle ou simplement aux parents avec une poussette. L’Institut de la statistique du Québec évalue que plus de 30 % des Québécois vivent avec une ou des limitations fonctionnelles. Facile de comprendre pourquoi les marchands ont tout intérêt à adapter leur établissement.

C’est justement ce que tentait de faire valoir Jani Barré, qui circule fréquemment au centre-ville en fauteuil roulant, lors d’une intervention devant le conseil municipal au printemps dernier. Un an plus tard, son message a visiblement fait du chemin. Avec les aides financières et le guide explicatif rendus disponibles aux commerçants, ceux-ci n’ont maintenant plus d’excuse pour se mettre au pas et rendre leur établissement accessible à tous. Après tout, aucun commerce n’a le luxe de se priver d’une partie de sa clientèle, non?

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