10 juillet 2014
Un an après Lac-Mégantic, tout reste à craindre
Par: Le Courrier
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Un an après la tragédie de Lac-Mégantic, la destruction de son centre-ville, 47 vies humaines perdues et toute une population traumatisée qui peine à vivre son deuil, qu’avons-nous fait pour que cela ne se reproduise plus? Que reste-t-il des discours des politiciens et des leçons tirées de cette catastrophe?

Bien peu, semble-t-il. De nouvelles normes canadiennes pour les wagons transportant du pétrole, mais qui n’entreront en vigueur que progressivement, laissant rouler sur nos rails d’autres trains de la mort. Un an après Lac-Mégantic, tout reste à craindre, puisque de plus en plus de wagons de pétrole traversent les municipalités du Québec chaque jour. Peut-être y aurait-il lieu de se réjouir de savoir que le pipeline du projet Énergie Est prendra la relève si l’Office national de l’énergie autorise sa construction? Tout indique que non, puisque plusieurs projets de terminaux ferroviaires pétroliers sont en cours. L’un d’entre eux, à Sorel-Tracy, vient tout juste d’entrer en fonction. De là, le pétrole brut est transporté par bateau vers les raffineries de Montréal et de Saint-Romuald. Mais avant d’arriver à Sorel-Tracy, les trains traversent la rive sud, soit Longueuil, Saint-Bruno, Boucherville, Varennes, Verchères et Contrecoeur. Pour se rendre au terminal de Belledune, au Nouveau-Brunswick, les trains chargés de pétrole brut de l’Ouest canadien passeront par le triage du CN de Charny pour ensuite traverser Montmagny, Rivière-du-Loup, Rimouski, Mont-Joli, Amqui et la Matapédia. Malgré tous les projets d’oléoducs, l���Alberta construit actuellement de nouvelles infrastructures ferroviaires afin de doubler sa capacité de chargement de pétrole par train, soit 800 000 barils par jours. Si jamais le projet Énergie Est se réalise, d’autres matières dangereuses pourraient mettre en danger nos municipalités : pour pouvoir être pompé de l’Alberta au Nouveau-Brunswick, le pétrole des sables bitumineux doit être mélangé à des produits chimiques très toxiques et particulièrement coûteux qui seraient récupérés et qui, faute d’un deuxième oléoduc, devraient refaire le trajet de Saint John vers l’Alberta… par train. Avons-nous vraiment besoin de tout ce pétrole? Non. À lui seul, l’oléoduc Énergie Est transporterait 1 100 000 barils par jour, dont 978 000 destinés à l’exportation. Quels bénéfices retirerons-nous de ce transport de matières dangereuses et explosives? Très peu. Quelle sera notre part de risques? Rappelons-nous Lac-Mégantic.

Jacques Tétreault, porte-paroleRegroupement Vigilance Hydrocarbures Québec

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