18 mai 2017
Réseau Sélection
Un appui unanime des élus envers un projet encore mystérieux
Par: Benoit Lapierre
Un appui unanime des élus envers un projet encore mystérieux

Un appui unanime des élus envers un projet encore mystérieux

Le maire et tous les conseillers ont exceptionnellement participé à une conférence de presse de solidarité envers Réseau Sélection au terme de l’assemblée publique du 15 mai.  Photo CogecoTV

Le maire et tous les conseillers ont exceptionnellement participé à une conférence de presse de solidarité envers Réseau Sélection au terme de l’assemblée publique du 15 mai. Photo CogecoTV

C’est sans en connaître les détails que les élus municipaux se sont fait une tête sur le projet immobilier de Réseau Sélection, cet investissement privé qu’on dit estimé à 50 M$ et pour lequel la Ville est prête à se défaire de 188 cases de stationnement, à l’ouest du Centre des Arts, et à investir un montant indéterminé pour les recréer ailleurs.

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À leur séance publique de lundi, des conseillers ont admis qu’ils n’avaient encore rien vu de ce projet qu’ils appuient pourtant sans condition, du moins pour la plupart. « Même à nous, on n’a pas encore présenté le projet de Réseau Sélection », a avoué le conseiller David Bousquet, durant le tour de table. Il s’est dit toutefois en faveur du projet, et pour une diversification de l’offre dans l’habitation au centre-ville.

Le conseiller du district Douville, André Beauregard, a mentionné que les pourparlers entre la Ville et le promoteur s’étaient déroulés dans le plus grand secret. « Nous étions dans une position où la confidentialité était de mise. Mais nous ne sommes pas des improvisateurs. Il n’y a eu aucune improvisation dans nos décisions », a-t-il soutenu.

Sur le plan technique, rien n’a encore été présenté au comité consultatif d’urbanisme (CCU), a reconnu Nicole Dion-Audette. « Moi, en tant que présidente du CCU, je suis convaincue que le projet pourra s’intégrer au cadre bâti. Réseau Sélection viendra bientôt nous expliquer son concept », a-t-elle dit. Cette rencontre a finalement eu lieu mardi au lendemain de la séance publique du conseil.

Un furoncle

À la période des questions du public, Simon Barbeau, un jeune homme qui travaille au Marché public depuis juillet 2016, a exprimé toute son inquiétude face au projet, lui qui vit depuis neuf mois tous les inconvénients d’un gros chantier à son lieu de travail.

« Il y aura 188 places de stationnement de sacrifiées, ce sont des places qui ne pourront plus être occupées par les clients et les travailleurs (…). Est-ce qu’il va y avoir d’autres places de créées? Sinon, notre centre-ville, il ne va pas se faire étouffer, il va se faire étrangler », a-t-il lancé.

À propos de la tour de 15 étages que la Ville souhaite voir érigée au centre-ville, M. Barbeau aétabli un parallèle avec la tour Triangle, un projet qui soulève la controverse à Paris. « Est-ce qu’on aura aussi une tour que tout le monde va haïr, comme un gigantesque furoncle? », a-t-il questionné.

Se faisant rassurant, le maire Corbeil lui a répondu que la question du stationnement au centre-ville préoccupait beaucoup le conseil. « Les places perdues, on va les compenser », a-t-il promis.

« On n’enlèvera pas de cases qu’on ne sera pas capable de remplacer », a renchéri plus tard le conseiler BernardBarré.

« Vitriolique »

Le conseiller Alain Leclerc a, quant à lui, profité du tour de table pour répondre durement au président de la Société de développement commercial du Centre-viIle (SDC), François Grisé, lequel a critiqué sévèrement la Ville sur sa gestion des stationnements, dans une lettre au maire Corbeil qu’il a aussi fait paraître dans LE COURRIER.

« Moi, Monsieur le maire, je ne suis pas du genre à recevoir une gifle puis à tendre la joue pour en recevoir une autre. J’ai trouvé cette lettre incendiaire, toxique et même vitriolique (…). Je n’ai jamais éprouvé un tel dégoût pour un organisme partenaire. La SDC a manqué de respect envers l’institution qu’est la Ville et, plus que tout, elle a manqué de respect envers l’administration municipale », a-t-il déclaré, en parlant des « centaines d’années d’expérience », cumulées par les membres de la haute direction.

Par la suite, Bernard Barré s’en est pris à l’agente de développement du comité Logemen’mêle, Andrée Rochon, qu’il a qualifiée de « seulevoix » discordante face aux initiatives de la Ville pour agrandir des stationnements, pour combler des pertes à venir. « Elle vient de Montréal pour jouer du tambour, et elle joue pas mal fort », a-t-il déploré.

6 juin

Pour les journalistes, la soirée de lundi a pris fin dans la Salle des arts de l’hôtel de ville, où tous les membres du conseil ont participé à une conférence de presse, dans une ambiance solennelle. Douze pupitres disposés en demi-lune y avaient été installés pour eux, avec leur nom écrit dessus. Le but de l’exercice était d’abord de permettre aux élus de réitérer, tour à tour, leur foi dans le projet de Réseau Sélection. Apparemment, c’est à reculons que Johanne Delage s’est prêtée à cette mise en scène. « Je suis étonnée qu’on mette en doute ce projet. Autrement, on ne serait pas obligés de venir s’asseoir ici. J’espère qu’on a été convaincants ce soir », a-t-elle laissé tomber.

Le maire Corbeil n’a fourni aucun détail additionnel sur le projet lui-même et les réaménagements qu’il nécessite au centre-ville. Il a seulement confirmé que les réponses aux multiples questions que le projet soulève viendraient le 6 juin, au cours d’une séance publiqued’information qui débutera à 19 h au Centre des Arts, en présence des promoteurs.

Cette date du 6 juin avait été révélée en séance par Sylvie Adam, la seule membre du conseil à avoir émis publiquement des réserves sur la gestion du dossier par la Ville. 

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