26 novembre 2020
Pour deux haltérophiles de La Machine Rouge
Un baptême international… mais virtuel
Par: Maxime Prévost Durand

À partir du local d’entraînement du club La Machine Rouge, les haltérophiles Shad Darsigny et Charlotte Simoneau ont pu rivaliser face à des athlètes de partout dans le monde au cours d’une épreuve virtuelle récemment. Photos Facebook La Machine Rouge

Les haltérophiles Shad Darsigny et Charlotte Simoneau ont disputé récemment leur première compétition internationale. Sauf qu’ils l’ont fait sans même voyager. Vu le contexte de pandémie, c’est sous la forme d’un rendez-vous virtuel que les deux membres du club La Machine Rouge se sont mesurés aux athlètes d’autres pays dans le cadre de la Coupe du monde jeunesse en ligne, le 14 novembre.

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Même s’il s’était blessé au dos trois semaines plus tôt, Shad s’est démarqué avec une 4e place dans la catégorie des 73 kg, qui regroupait une trentaine de participants. Il a réussi quatre de ses six essais pour un total de 278 kg en combinant ses résultats à l’arraché et à l’épaulé-jeté.

De son côté, Charlotte s’est retrouvée en milieu de peloton dans la catégorie des 59 kg, avec une 9e place. Elle a surmonté deux premiers essais ratés à l’arraché pour réussir son ultime tentative à 62 kg, avant d’enchaîner avec 80 kg à l’épaulé-jeté, pour un cumulatif de 142 kg. Habituellement en compétition chez les 55 kg, l’adolescente de 15 ans était l’une des plus légères dans sa catégorie, sinon la plus légère.

Une expérience différente

Pour l’occasion, une plateforme de compétition avait été aménagée dans le local du club afin de leur permettre de prendre part à ce rendez-vous. Leur performance était webdiffusée et ils pouvaient suivre en direct les autres participants qui rivalisaient à cette compétition réservée aux 17 ans et moins. Shad et Charlotte étaient les premiers athlètes de La Machine Rouge à tenter l’expérience.

« Il y avait un peu le feeling de la compétition, mais ce n’était pas équivalent », a résumé Shad lorsque joint par LE COURRIER.

Celui-ci traînait toujours la déception de ne pas avoir pu vivre son réel baptême international comme cela était prévu en mars. C’est que le frère cadet de Tali et Matt Darsigny devait participer pour la première fois au Championnat du monde junior en Roumanie, épreuve pour laquelle il était qualifié depuis longtemps déjà. Mais tout avait été annulé quelques jours avant la compétition en raison de la progression de la pandémie.

La Coupe du monde jeunesse en ligne, même si elle regroupait des athlètes internationaux, n’a malheureusement pas réussi à mettre un baume sur cette déception.

« Ça s’est fait sur le lieu où je m’entraîne toujours. Je l’ai plus vécu comme si c’était un gros entraînement. Il n’y avait pas l’expérience du voyage ni le fait de le vivre en équipe. »

Cela dit, Shad a tout de même pris cette compétition au sérieux, surtout qu’il s’agissait de sa dernière année d’éligibilité pour cette épreuve. Il a lutté jusqu’à la fin pour tenter de se faufiler jusqu’au podium, mais il a été devancé d’un seul kilo par un Ukrainien, à la toute fin.

Dans le cas de Charlotte, il n’était pas prévu pour elle de vivre une épreuve internationale avant au moins un an ou deux. Mais cette opportunité était trop belle à saisir pour lui permettre de se comparer à d’autres athlètes du monde entier. Surtout que cette compétition n’occasionnait aucun coût de déplacement, un avantage du virtuel.

« J’ai aimé ça [comme expérience], a commenté la jeune espoir de La Machine Rouge. C’était différent. J’étais quand même vraiment stressée pendant la compétition. »

Tout comme Shad et plusieurs athlètes de haut niveau du club maskoutain, Charlotte n’a jamais arrêté de s’entraîner pendant la pandémie, que ce soit avec des poids qui lui avaient été prêtés par le club durant le confinement ou en retournant au Complexe multisports C.-A.-Gauvin cet été. Ses barres à l’entraînement étaient d’ailleurs nettement supérieures à celles réalisées en compétition, mais la nervosité du moment – un point sur lequel elle sait qu’elle doit travailler – l’a quelque peu bloquée.

« Ça ne me manquait pas tant de faire des compétitions, mais là, d’en avoir fait une, ça me donne envie d’en refaire d’autres. J’en aurai peut-être une autre virtuelle en décembre », a poursuivi celle qui n’avait pas disputé d’épreuve depuis janvier.

Même si cette Coupe du monde jeunesse en ligne n’était pas officialisée, elle servait de test pour développer un modèle virtuel à l’international, dans l’éventualité où les épreuves importantes ne puissent toujours pas être tenues en personne en raison de la pandémie.

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