22 décembre 2011
Un budget harmonieux
Par: Martin Bourassa

Attendu, voire redouté par plusieurs, le budget 2012 adopté lundi soir par la Ville de Saint-Hyacinthe est passé comme du beurre dans la poêle.

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Attendu, voire redouté par plusieurs, le budget 2012 adopté lundi soir par la Ville de Saint-Hyacinthe est passé comme du beurre dans la poêle.

Il faudra plus qu’une hausse de 1 cent du 100 dollars d’évaluation pour faire grimper dans les rideaux les résidents de l’ex-ville de Saint-Hyacinthe.Grosso modo, on parle d’une majoration de 20 $ du compte de taxes pour une résidence d’une valeur moyenne de 200 000 $. C’est dans le très raisonnable.Mais les proprios des villes fusionnées en 2002 qui doivent subir les hausses associées à l’entrée en vigueur de l’harmonisation des taxes souffriront davantage, particulièrement dans le secteur Saint-Thomas-d’Aquin.Là, on parle d’une hausse supérieure à 700 $ pour la résidence moyenne évaluée à 225 305 $, même si le maire Claude Bernier n’a pas pris la peine d’adapter ses comparaisons selon la valeur moyenne des résidences de chaque secteur concerné.Il a aussi tenté de brouiller savamment les pistes en donnant en référence les taux de taxes de 2002 dans chaque secteur, sans pour autant mentionner les hausses majeures du rôle d’évaluation depuis ce temps. Coquin de maire va!Cela dit, le mouvement de protestation qui s’est traduit pas une présence massive à la première assemblée de décembre et par une pétition de 300 signataires semble déjà s’être essoufflé. Il n’y avait aucun contestataire dans la salle lors de l’adoption du budget. Seul le conseiller Guylain Coulombe a manifesté son mécontentement. À moins que la réception du compte de taxes ne provoque un réveil massif dans les campagnes en janvier, les élus devraient passer de belles fêtes et un beau début d’année. Leur budget sera plus vite digéré que la dinde et les atocas!Mais le véritable test de cette administration, déjà rendue à mi-mandat, viendra en 2012, alors qu’il faudra prendre des décisions qui risquent d’avoir un impact beaucoup plus significatif sur le budget de 2013. D’autant plus qu’il s’agira du budget d’une année marquée par une élection municipale. Et comme si cela n’était pas déjà suffisant, il s’agira de concilier ce budget à un tout nouveau rôle d’évaluation. Ce dernier fera grimper la valeur des résidences en fonction de la température du marché immobilier prise l’été dernier. Les valeurs vont encore grimper, ce qui provoquera une baisse de quelques sous de la taxe foncière juste à temps pour les élections. On pourrait bien devoir payer davantage de taxes en fin de compte. C’est même prévisible.Lors de l’adoption du budget, j’ai particulièrement apprécié la sortie du conseiller Yves Leclerc qui a une fois de plus invité ses collègues à s’attaquer en 2012 au dossier du régime de retraite des employés municipaux. Il a bien raison de dire que c’est un puits sans fond et qu’il faudra avant longtemps se résoudre à agir avec vigueur et détermination. En ce sens, il rejoint l’avis du maire de Québec Régis Labeaume qui a sensiblement la même préoccupation chez lui. On aimerait vraiment sentir le même sentiment d’urgence chez les collègues de M. Leclerc. Ce serait étonnant que l’idée vienne des fonctionnaires qui profitent et profiteront largement du régime.

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