3 novembre 2011
Un cas vécu
Par: Martin Bourassa

À l’été 2010, je demeurais dans un de ses logements récents aménagés à proximité de la coulée de la Métairie, le long de la rue des Seigneurs Ouest.

À l’été 2010, je demeurais dans un de ses logements récents aménagés à proximité de la coulée de la Métairie, le long de la rue des Seigneurs Ouest.

Un bon matin, une longue fissure est apparue dans le stationnement. Puis, quelques jours plus tard, une tranchée s’est creusée dans l’asphalte, en direction de la cour arrière. Inquiet, j’ai fini par faire quelques appels.La Ville de Saint-Hyacinthe, les pompiers, les Travaux publics et les experts de la Sécurité civile ont débarqué chez moi en moins de deux.Ils ont inspecté de long en large la berge, les logements, le terrain et le remblai. Sans recommander l’évacuation des lieux, ils ont qualifié la situation de « préoccupante » tout en érigeant un large périmètre de sécurité dans le stationnement.Périmètre de sécurité que mon propriétaire s’est empressé de faire disparaître le lendemain avec une rage à peine contenue. Je l’entends encore lancer que depuis la tragédie de Saint-Jude, les gens virent fous et paniquent vraiment pour rien.Les gens oui, les propriétaires non de toute évidence. Surtout ceux qui ne résident pas dans les immeubles qu’ils louent. Ce sont les policiers de la SQ qui ont reformé le périmètre de sécurité que le propriétaire a franchi quelques jours plus tard avec de l’équipement lourd afin de retaper la berge et de paver la cour avant l’hiver. Une opération que personne n’a été à même de stopper, même si les policiers avaient prévenu le propriétaire qu’il s’exposait à des poursuites criminelles pour négligence si jamais un incident devait se produire pendant ces travaux.Je n’ai jamais su si la Sécurité civile a fait une expertise sérieuse et si oui, quelles ont été ses conclusions et ses recommandations. Mais pendant des mois, j’ai vécu avec l’angoisse d’exposer mes enfants à un risque réel et combien inutile.En fin de compte, je n’ai pas renouvelé mon bail, même que j’ai quitté mon logement avant la fin avec l’accord de mon gentil propriétaire.Mais d’autres locataires sont restés et je pense à eux encore très souvent.

M.B.

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