19 décembre 2013
Le budget 2014
Un casse-tête de 88,3 millions $
Par: Le Courrier
Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, en compagnie du directeur général, Louis Bilodeau, au cours du point de presse de mardi sur le budget 2014.

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, en compagnie du directeur général, Louis Bilodeau, au cours du point de presse de mardi sur le budget 2014.

C’est dans un contexte qualifié de difficile que la Ville de Saint-Hyacinthe a composé son menu financier pour l’année 2014, des prévisions budgétaires de 88,3 millions $ que le conseil municipal a adoptées lundi, en séance extraordinaire.

« L’exercice s’est avéré une sorte de casse-tête cette année », a indiqué le directeur général, Louis Bilodeau, lors du point de presse sur le budget. Les nouvelles prévisions surpassent le budget 2013 de 1,55 million $. Il s’agit d’une hausse de 1,79 %, soit la plus faible augmentation des revenus et dépenses des dix dernières années.

Le maire, Claude Corbeil, assure que le conseil municipal a dû jouer serré pour faire en sorte que la hausse de la taxe foncière n’excède pas trois cents par tranche de 100 $ d’évaluation. Les taxes devraient rapporter l’an prochain 63 793 800 $, ce qui représente 2 664 200 $ de plus que dans les prévisions 2013. « Avec tout ce qu’il y avait sur la table, on s’alignait plus sur cinq cents d’augmentation que sur trois. Il faut vraiment penser à faire du développement pour générer des revenus additionnels », soutient le maire Corbeil.Le directeur général a expliqué que l’administration avait dû élaborer le budget en composant avec cinq grands facteurs contraignants représentant une charge de plus de 4 millions $. Du côté des revenus, la Ville anticipe une perte de 1 354 700 $ du fait que le gouvernement remplacera la compensation de 80 % qui était versée en lien avec la taxe de vente du Québec (TVQ) par un remboursement de 62,8 % de la TVQ sur les dépenses réelles. Du côté des dépenses, la Ville va subir en 2014 une augmentation de 824 700 $ des frais pour les services de la Sûreté du Québec, lesquels passeront de 8 630 600 $ à 9 455 300 $ (+9,5 %). Il s’agit de la deuxième hausse d’importance en autant d’années, et une troisième est annoncée pour 2015. Une majoration de 1,1 % du taux d’inflation va aussi occasionner des débours additionnels de 507 800 $ l’an prochain.À l’interne, la contribution de la Ville aux charges sociales et avantages sociaux va bondir de 501 300 $, passant de 4 414 000 $ à 4 915 300 $ (+11,3 %), tandis que la masse salariale grimpera de 15 683 400 $ à 16 561 800 $, en hausse de 878 400 $ (+ 5,6 %).

Des choix

Face à tout cela, la Ville a dû adopter principalement deux mesures, sans quoi le taux de taxation aurait dû être augmenté de 8 cents, a soutenu Louis Bilodeau.

D’une part, les élus ont décidé, pour la quatrième et dernière année (le plafond est atteint), de recourir à la mesure d’allègement autorisée par le législateur à l’égard du financement du régime de retraite des employés. La Ville pourra ainsi profiter de revenus supplémentaires de 950 000 $, puisque les dépenses seront réduites d’autant, a précisé le directeur du service des Finances, Michel Tardif. Mais cela portera à 3 728 000 $ la somme que la Ville devra rembourser d’ici 2023 pour équilibrer le régime de retraite. Cette façon de retarder le paiement d’un passif déplaît au conseiller Alain Leclerc. « Ça crée une distorsion dans les chiffres. Ce n’est pas adéquat cette méthode de travail », a-t-il commenté, lundi soir.Mais la mesure la plus importante décrétée par le conseil municipal a été de réduire de 2 636 700 $ les investissements initialement prévus en immobilisations. C’est ce qui explique, par exemple, que le projet de construction d’un centre communautaire dans le district Saint-Joseph a été reporté à 2015. À ce propos, Rosaire Martin, ex-conseiller municipal et dernier maire de Saint-Hyacinthe-le-Confesseur, a fait remarquer aux élus, lundi soir, qu’au lieu d’avantager une centaine de propriétaires avec un crédit de taxe à la construction résidentielle – déduction prévue de 790 000 $ en 2014 -, ils auraient pu penser aux 7 100 résidants de Saint-Joseph qui resteront privés d’un véritable centre communautaire. « C’est le quartier le plus populeux », a-t-il signalé.

Dépenses

Ce sont donc les dépenses courantes qui seront les moins compressées en 2014. En fait, le budget global de fonctionnement va croître de 3 752 200 $, passant de 67 114 500 $ à 70 866 700 $, en hausse de 5,59 %.

Une grande nouveauté apparaît dans ce budget et c’est le montant de 418 300 $ qui sera alloué à l’achat d’heures de glace dans le futur complexe privé Isatis Sport, pour les cinq derniers mois de 2014. Par ailleurs, la Ville continuera de supporter presque tous ses organismes mandataires aussi bien qu’avant, et même mieux dans certains cas. Ainsi, la Corporation de développement commercial verra la contribution municipale augmenter de 59 400 $, passant de 176 600 $ à 236 000 $. « Le conseil a décidé d’investir dans le développement économique. Il y aura ajout d’une ressource pour du démarchage », a expliqué le maire Corbeil.La subvention accordée à la Cité de la biotechnologie atteindra 420 000 $ (+ 12 000 $), celle de Tourisme et congrès restera de 357 000 $, la Société de développement économique obtiendra 71 000 $ (+ 2 700 $), Forum 2020 touchera 129 000 $ (+ 3 750 $). Les neuf corporations de loisirs de quartier se partageront 1 146 700 $, soit 61 100 $ de plus qu’en 2013, la Médiathèque maskoutaine recevra 1 201 500 $ (+ 42 900 $), la Corporation du parc Les Salines, 185 800 $ (+ 12 900 $), la Corporation aquatique maskoutaine, 369 000 $ (- 1 000 $) et la Société de diffusion des spectacles, 200 000 $ (statu quo). C’est du côté des organismes culturels qu’on note la baisse la plus importante : ils obtiendront 241 300 $ au total, soit 11 000 $ de moins qu’en 2013 (252 300 $).Enfin, la Ville consacrera l’an prochain 10 706 100 $ au service de la dette, soit 332 400 $ de plus qu’en 2013.

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