6 juin 2013
Ultime tentative de sauvetage des enseignants
Un collège Antoine-Girouard coopératif?
Par: Martin Bourassa
Micheline Bienvenue Hinse, Valérie Tremblay et Richard Gervais font tous partie du comité qui tente de sauver le Collège Antoine-Girouard de la fermeture définitive.

Micheline Bienvenue Hinse, Valérie Tremblay et Richard Gervais font tous partie du comité qui tente de sauver le Collège Antoine-Girouard de la fermeture définitive.

Les enseignants du Collège Antoine-Girouard sont prêts à se battre jusqu’à la toute dernière minute pour éviter la fermeture définitive de leur école le 30 juin prochain. Conscient qu’il est minuit moins une, ils souhaitent y poursuivre les activités d’enseignement en septembre sous une formule coopérative.

L’idée a germé au sein du corps enseignant à la suite de la tentative de sauvetage avortée initiée par la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe.

Des enseignants actifs et retraités travaillent depuis le début du mois de mai à un projet de coopérative, avec l’appui de la Coopérative de développement régional de la Montérégie. Une quinzaine d’écoles fonctionnent selon ce modèle au Québec, dont le collège Mont-Saint-Louis à Montréal, qui sert en quelque sorte de modèle aux enseignants du Collège Antoine-Girouard.« Le temps joue contre nous, reconnaît Richard Gervais, l’un des enseignants associés au projet de coopérative, le facteur temps est notre pire ennemi. »Le comité lance donc un appel à tous dans l’espoir de créer une vague de fond et de sympathie auprès des parents, des anciens, de l’Association des anciens, de la Fondation du Collège Antoine-Girouard et des gens d’affaires du milieu souhaitant empêcher la fermeture de cette vénérable institution d’enseignement.« La majorité des enseignants a adhéré au projet, ils n’ont rien à perdre, indique l’enseignante Valérie Tremblay. Reste à convaincre les parents. On croit que plusieurs se sont tournés du côté du réseau public faute de mieux et qu’ils laisseront tomber ce plan A si nous pouvons leur offrir une bonne et solide alternative. »

Sauvons le Collège Antoine-Girouard

Le groupe se donne une semaine pour recueillir un maximum d’appuis par l’entremise de la page Facebook « Sauvons le Collège Antoine-Girouard » et un sondage. Ce dernier a été acheminé à tous les parents d’élèves inscrits au Collège et les appuis seront recueillis grâce à Internet.

« On espère que la réponse sera forte et positive afin qu’il n’y ait pas de rupture pour les élèves et pour le personnel. Un arrêt d’un an serait dramatique. On aimerait que le permis du Collège soit transféré à la coopérative au 30 juin et des démarches en ce sens ont été entreprises au niveau politique. Nous avons l’appui du conseil d’administration et de la direction du Collège, même s’ils ne sont pas impliqués directement dans nos démarches », résume Micheline Bienvenue Hinse, une enseignante retraitée qui soutient pleinement la cause de la coopérative.Cela dit, le comité devra aussi et surtout convaincre la direction du Séminaire de négocier une entente de location avantageuse. « Nous avons rencontré le Séminaire et ce ne fut pas un non définitif à notre cause. On nous a dit de refaire nos devoirs et de revenir avec un dossier plus étoffé, avec des chiffres intéressants. Ce projet doit se faire au Séminaire et pas ailleurs », lance le trio qui voit le Séminaire comme un propriétaire immobilier qui a des locaux à louer. Et à petit prix, autant que possible!Pour l’instant, on ne fixe pas de nombre minimal d’inscriptions, mais on estime possible d’intéresser environ 200 parents d’élèves au projet de coopérative.Quant au projet éducatif d’un collège Antoine-Girouard, il serait à redéfinir, car il est acquis qu’on ne fera pas un copier-coller de ce qui existe actuellement.« Nous voulons bâtir une école ouverte à tous, pas juste aux sportifs. Offrir de l’anglais intensif et un enseignement de qualité et personnalisé. Tout cela sera enrichi au fil des ans, en fonction des attentes des parents. Mais dans l’immédiat, on a besoin d’élèves et d’appuis, c’est essentiel à la réussite de notre projet », conclut Mme Tremblay.

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