14 janvier 2016
Un coup de pouce permanent
Par: Martin Bourassa

Saluons haut et fort la décision du conseil municipal de Saint-­Hyacinthe de revoir la politique de stationnement au centre-ville et de remettre un peu de gratuité au goût du jour, en soirée les ­jeudis et vendredis, de même que le week-end.

Il ne se trouvera personne pour rouspéter ou prétendre que cette décision n’aura pas un impact positif sur le coeur commercial de notre ville. Surtout si les commerçants consentent à ne pas monopoliser les ­espaces stratégiques.

On ne trouvera non plus personne pour s’interroger sur le bien-fondé de ce recul ­politique. Car d’un recul il s’agit puisque la municipalité a mis à mal le centre-ville en y implantant des horodateurs et en ­amputant la gratuité. On a beau prétendre que la fermeture du pont Bouchard ­commandait ce geste d’ouverture, ou bien profiter de cet argument, n’empêche que les changements apportés l’an dernier ont eu pour effet de tenir certains consommateurs à l’écart, particulièrement chez la clientèle d’un certain âge pour qui le fonctionnement des horodateurs est un ­irritant sans nom.

La Ville a cependant annoncé que les ­nouvelles plages horaires de stationnement gratuit sur rue seront en vigueur jusqu’à la réouverture du nouveau pont, dans un an.

On a donc encore quelques mois pour convaincre les élus de la nécessité de ne rien changer dans un an. La gratuité doit rester. C’est de façon prolongée et intensive que les commerçants du centre-ville ont besoin d’un coup de pouce.

Et ce sera encore plus vrai une fois que toute l’attention sera portée plus au nord, du côté du centre de congrès et de son hôtel de luxe. Ceux qui pensent que ces deux ­attractions apporteront beaucoup d’eau au moulin du centre-ville se mettent le doigt dans l’oeil. Ce n’est pas avec l’argent des congressistes de passage que les ­marchands du centre-ville vont faire des affaires en or. Ceux qui pensent autrement n’ont ­jamais été en congrès, sinon pas assez ­souvent, car ils sauraient que les ­congressistes n’aiment pas utiliser leur ­voiture une fois à destination. Les restaurateurs et les commerçants qui tiennent ­boutique sur la rue des Cascades le savent mieux que personne.

Et il n’est pas dit que d’autres éléments ne viendront pas bouleverser l’équilibre et la dynamique fragiles du centre-ville au cours de la prochaine année.

Déjà, le spectre de déménagements en­faveur d’un rapprochement près de l’autoroute plane au-dessus de quelques places d’affaires du centre-ville, qui risque d’y perdre des professionnels au change. Avant longtemps donc, le conseil municipal devra prendre le taureau par les cornes et dénicher des solutions durables sur la Cascades.

La Ville de Drummondville l’a fait de son côté, en décidant d’offrir la gratuité de ­stationnement au centre-ville tous les soirs après 17 h 30, ainsi que les samedis et ­dimanches. Et durant les périodes payantes, la demi-heure de stationnement y est tarifée à 25 cents, soit 50 cennes l’heure. À ­Drummondville comme à Saint-Hyacinthe, on a convenu d’offrir plus de gratuité, mais de sanctionner davantage ceux qui ne r­espectent pas les règles. Les amendes ont été doublées aux deux endroits, selon le principe du contrevenant/payeur. C’est correct.

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