14 janvier 2021
Durant les années 50-60 à Saint-Hyacinthe
Un couvre-feu qui visait les 15 ans et moins
Par: Véronique Lemonde

La sirène de l’ancien incinérateur au bout de la rue Lemire, dans le secteur Saint-Joseph, était située sur le toit du bâtiment. Photo Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH116 Studio Lumière

Autres temps, autres mœurs, mais encore un couvre-feu! Si présentement la mise en place d’un couvre-feu vise à interdire les rassemblements en soirée pour contrer la propagation de la pandémie, il est intéressant d’apprendre que la Ville de Saint-Hyacinthe limitait les déplacements des jeunes par le même type de mesure dans les années 50 et 60.

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C’est en 1952 que Saint-Hyacinthe a remis en vigueur une réglementation datant de 1944 concernant un couvre-feu pour jeunes de moins de 15 ans. C’est ainsi que nous pouvons lire dans LE COURRIER du 25 avril 1952 qu’un couvre-feu sera dorénavant effectif pour les jeunes durant les mois de juin, juillet et août, restreignant ces derniers à rentrer à la maison à 21 h 30 maximum. Dans le règlement de 1944, au départ, il est aussi fait mention que le couvre-feu est de 21 h pour la période en dehors de la saison estivale.

L’objectif premier de ce couvre-feu était de maintenir de « bonnes mœurs » en empêchant les adolescents de se fréquenter plus tard en soirée. Toute personne de 15 ans et moins étant retrouvée en dehors de son voisinage immédiat après 21 h 30 était alors ramenée chez elle par les policiers, sans contravention, ou pouvait être considérée comme « réputé vagabond ».

Sur le groupe public Facebook Mémoires maskoutaines, plusieurs Maskoutains dans la soixantaine et plus se rappellent ce fameux couvre-feu, sans s’entendre précisément sur les années exactes où il fut en vigueur. Plusieurs mentionnent qu’il aurait existé jusqu’aussi tard qu’en 1967. Certains se rappellent très bien qu’il fallait être revenu chez soi à cette heure imposée, comme cette abonnée du groupe née en 1945 qui précise qu’ils devaient quitter les trottoirs où ils s’amusaient pour venir s’asseoir sur la galerie de leurs parents lorsque la sirène retentissait à 21 h 30. Certains se souviennent aussi avoir été ramenés à la maison quelques fois par des policiers…

Les sirènes de la ville

La provenance de la sirène qui sonnait pour annoncer le couvre-feu dans ces années semble créer une certaine confusion parmi les membres du groupe Mémoires maskoutaines. Créant aussi une ambiguïté quant à la fin exacte de cette réglementation.

C’est que plusieurs sirènes rythmaient la vie maskoutaine à cette époque. Que ce soit le sifflet du midi de Casavant et Frères, la sirène de la Penman’s, de la Griffin Steel ou de la Canada Canners sur la rue Papineau. Plusieurs parlent également de la sirène de l’ancien incinérateur au bout de la rue Lemire, dans le secteur Saint-Joseph. Nous pouvons supposer vraisemblablement que la sirène du couvre-feu provenait du poste de police ou d’incendie de Saint-Hyacinthe, ce qui n’est cependant pas confirmé dans ces discussions sur Facebook.

En revanche, une chose est sûre, ce sont les policiers qui arpentaient les rues après le couvre-feu et ramenaient les jeunes qui n’étaient pas encore entrés chez eux. Un incitatif non négligeable pour contrer les rassemblements et la délinquance de cette époque!

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