1 juin 2017
Un départ timide pour le train Via Rail
Par: Marie-Pier Leboeuf
La mise en service du troisième aller-retour du train Via Rail entre Saint-Hyacinthe et Montréal représente une opportunité exceptionnelle pour le développement futur de la ville selon le maire Claude Corbeil.  Photo Robert Gosselin - Le Courrier

La mise en service du troisième aller-retour du train Via Rail entre Saint-Hyacinthe et Montréal représente une opportunité exceptionnelle pour le développement futur de la ville selon le maire Claude Corbeil. Photo Robert Gosselin - Le Courrier

Le train Via Rail s’est arrêté à 7 h 57 pour la première fois lundi matin, à la gare de Saint-Hyacinthe. Depuis, ils sont quelques Maskoutains seulement à avoir mis la main sur un billet vers Montréal, à raison de deux à trois personnes chaque matin. Pourtant, le train affichait déjà complet de passagers en provenance de Québec. 

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La députée fédérale Brigitte Sansoucy était l’une des premières à s’être procurée un passage pour lundi matin. « Via Rail veut se voir de plus en plus comme un transport en commun, mais la limite c’est qu’il est complet avant même d’arriver sur la Rive-Sud », a-t-elle souligné avant d’embarquer à bord. C’est un problème qu’elle explique par un regain de popularité du train, elle-même une habituée des services de Via Rail depuis 18 mois à la gare de Drummondville. 

La nécessité de réserver son siège d’avance laisse difficilement place à la spontanéité puisqu’il faut préalablement se procurer un passage sur Internet ou par téléphone. Rappelons que la billetterie de la gare, sur la rue Sicotte, n’est plus en fonction depuis près de quatre ans. 

Actuellement, la cybercarte de Via Rail permet 20 passages sur une période de 30 jours, soit dix allers-retours. Le fait de ne pas avoir accès à une carte mensuelle dont les passages sont illimités a rapidement fait grincer des dents certains utilisateurs potentiels. La capacité réduite du train pourrait en être la raison, selon la députée néodémocrate. « Même s’ils voudraient instaurer des passes mensuelles, ils ne peuvent pas parce qu’il n’y a plus de place. Le jour où le train va être à grande fréquence, ce sera opportun d’avoir des passes mensuelles pour les travailleurs », a soutenu Mme Sansoucy.

Rencontré sur le quai d’embarquement, le Maskoutain Stéphane Provini a admis que le prix est particulièrement élevé. L’usager régulier devra se prévaloir de deux cartes par mois pour la somme de 380 $ avant taxes. Il s’est toutefois réjoui de cette proximité du service à une heure matinale qui lui permet d’aller travailler au centre-ville de Montréal en 37 minutes. « Je n’en ai rien à faire du prix, je préfère payer pour le confort, explique M. Provini. Mais je connais beaucoup de gens qui prennent le train de banlieue de Saint-Hilaire et qui ne veulent pas venir ici en raison du tarif. » Ce passager a d’ailleurs pu bénéficier d’un retour de 100 $ à l’achat de sa carte, comme promis par la Ville pour les 100 premiers acheteurs. 

Le manque de stationnement a été le deuxième argument des plus craintifs. Une excuse que la députée de Saint-Hyacinthe s’est vite empressée d’atténuer. « Il y en a qui disent qu’il n’y a pas assez de stationnements, mais il y en a plein pas loin dans le centre-ville. Ça revient au même qu’à Saint-Hilaire, ce n’est pas une contrainte », a-t-elle mentionné. 

Pour sa part, le maire Claude Corbeil n’avait que des éloges à l’égard de ce projet-pilote, qu’il a qualifié de majeur pour le développement de la ville. « Il y a 600 habitations qui se bâtissent au centre-ville dans les cinq prochaines années, l’arrivée du train c’est comme le plus beau cadeau qu’on nous fait », a déclaré M. Corbeil. 

Quant au nombre de places restreint à bord des trains, il estime qu’il faut d’abord prouver que les résidents de Saint-Hyacinthe ont besoin de ce service et développer une clientèle régulière avant d’ouvrir les discussions avec Via Rail sur l’ajout de services.

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