5 mars 2020
Avec la pièce On achève bien les chevaux
Un dernier souffle pour les finissants de l’École de théâtre
Par: Maxime Prévost Durand

Les pas de danse des finissants de l’École de théâtre seront testés dans leur dernière production de la saison intitulée On achève bien les chevaux. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe iront d’un dernier souffle avant de graduer, à la fin du mois, en présentant la pièce On achève bien les chevaux, une adaptation de Marie-Josée Bastien à partir du roman d’Horace McCoy. Et le mot « souffle » n’est pas choisi par hasard puisqu’il sera mis à rude épreuve dans cette pièce qui met en scène un marathon de danse comme on en voyait dans les années 1930.

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On y est plongé dans un Québec au plus fort de la pire crise économique de son histoire. Un escroc profite de la misère des gens en les faisant danser dans des marathons aussi longtemps qu’ils le peuvent, jusqu’à ce qu’ils abandonnent un à un et qu’il n’y ait plus qu’un seul couple en piste. Les vainqueurs mettent la main sur 1500 $, un montant d’envergure pour l’époque. Cet homme en profite par la même occasion pour dissimuler une opération de contrebande d’alcool vers les États-Unis.

Si ces marathons mettaient à rude épreuve la ténacité des participants à l’époque, ils représentent également un beau défi pour les finissants du volet « interprétation » qui doivent camper des rôles physiques, avec des chorégraphies et même quelques tours de chant.

« Le propos de la pièce part de l’endurance et les comédiens se retrouvent eux aussi dans cette situation-là, mentionne le metteur en scène Louis-Karl Tremblay, qui signe sa première collaboration avec l’École de théâtre. Il faut qu’ils s’impliquent beaucoup physiquement pour qu’il y ait une notion de vérité dans tout ça. Il y a beaucoup de danse, on les fait courir et ils sont toujours sur la scène, tout au long de la pièce, alors c’est quelque chose d’assez intéressant. Ça prend du souffle pour porter la pièce. Mais ils sont jeunes, alors ça va bien! »

Au milieu du parterre de spectateurs, les finissants du volet « production » érigeront donc cette piste de danse, plutôt terreuse pour témoigner de la souffrance, où les 13 comédiens et six figurants, qui feront leur entrée à l’École de théâtre à l’automne, seront en action. « On met les spectateurs qui viennent voir la pièce dans le rôle des spectateurs de l’époque », soutient Louis-Karl Tremblay.

Bien que cette réalité semble loin derrière nous, elle ne l’est peut-être pas autant que l’on pourrait le penser, note le metteur en scène, en citant les télé-réalités d’aujourd’hui. « Les raisons ont peut-être changé, mais le rapport spectateur-participant reste le même, j’ai l’impression. Ce besoin d’être diverti par l’humiliation et la souffrance, ça existe encore. »

Au-delà du montant alléchant que l’on faisait miroiter aux participants, ces marathons de danse étaient aussi une occasion pour la population de trouver refuge et d’avoir de la nourriture gratuite en cette période de guerre. Au fil de la pièce, l’histoire met en lumière la solidarité des participants et leur ouverture sans pudeur sur des facettes de leur vie.

Pour cette dernière production, les finissants de l’École de théâtre présenteront la pièce comme à l’habitude à la salle Léon-Ringuet du Cégep de Saint-Hyacinthe, du 20 au 26 mars (à l’exception du 23 mars), mais ils sortiront aussi de la région maskoutaine pour monter sur les planches de la Cinquième salle de la Place des arts deux soirs, les 31 mars et 1er avril. Ce sera la deuxième année que les finissants seront invités à vivre cette expérience en sol montréalais. Dans le cas de la cohorte actuelle, il s’agira d’une seconde exportation d’une de leurs productions, après celle qu’ils ont présentée en France, en décembre, en collaboration avec La Comédie de Saint-Étienne.

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