25 octobre 2012
Laboratoire de biotechnologie vétérinaire et alimentaire
Un éléphant blanc au coeur de la Faculté de médecine vétérinaire
Par: Jean-Luc Lorry

Inauguré en grande pompe en novembre 2004 après des investissements totalisant 13 M$, le Laboratoire de biotechnologie vétérinaire et alimentaire (LBVA) n’a jamais été opérationnel et demeure depuis un éléphant blanc au coeur du campus de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV).

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Ce laboratoire ultramoderne d’une superficie de 4 800 pieds carrés sous confinement biologique de niveau 2 devait permettre la réalisation de travaux de recherche et de développement de pointe dans le domaine de la biotechnologie vétérinaire.

Initialement, le LBVA était le laboratoire de l’Institut de biotechnologie vétérinaire et alimentaire (IBVA), un ambitieux projet qui devait avoir un impact majeur sur le développement de la Cité de la biotechnologie, mais qui n’a jamais vu le jour, faute de fonds nécessaires pour poursuivre entre autres son homologation.La construction de ce laboratoire avait été rendue possible grâce à une contribution du gouvernement provincial de 4,75 M$, du gouvernement fédéral de 3,6 M$ et de la Fondation canadienne pour l’innovation de 3,5 M$. Plusieurs donateurs corporatifs et municipaux avaient aussi participé à son financement, dont la Ville de Saint-Hyacinthe pour 612 000 $ et le CLD Les Maskoutains pour 200 000 $ selon les communiqués de presse de l’époque.La firme d’ingénierie montréalaise Laporte Experts avait entre autres collaboré à ce projet, si l’on se fie à son site Internet. Cette même firme est aujourd’hui impliquée dans la réalisation du futur Centre de développement pharmaceutique de Saint-Hyacinthe (CDP). Elle aurait entre autres participé à la sélection de l’entrepreneur selon Jean Dumas, de Construction Bugère, qui n’a pas été retenu pour ce projet.

Le privé à la rescousse

Pour éviter que les locaux du LBVA demeurent vacants après le flop de l’Institut, l’Université de Montréal, propriétaire des lieux, s’était tournée vers le secteur privé en signant en mai 2009 une entente renouvelable d’une durée de huit ans avec Validapro Biosciences.

« Nous avions convenu un partenariat avec Validapro. Nous nous étions entendus sur un partage des revenus éventuels afin que l’Université puisse en tirer des bénéfices pour investir notamment dans la recherche », précise le D r Sylvain Quessy, vice-doyen à la recherche et aux études supérieures à la FMV.Cette entreprise par l’intermédiaire de sa division Laborium Biopharma devait utiliser le site à des fins de recherche et développement ainsi que pour des applications commerciales. Malheureusement, cette tentative de partenariat avec le secteur privé fut de courte durée.« Au moment où Validapro allait démarrer sa production, la compagnie a éprouvé des problèmes financiers. L’entreprise a donc cessé ses activités et nous nous sommes retrouvés sans partenaire pour faire tourner le laboratoire », indique le D r Quessy.En 2007, lorsque l’IBVA a mis fin à ses activités, son laboratoire était en cours d’accréditation auprès des instances réglementaires canadiennes, américaines et européennes. Il devait également opérer selon les bonnes pratiques de laboratoire et de fabrication (GLP et GMP). Un processus de validation onéreux qui peut prendre jusqu’à deux ans.« Ce processus est étroitement associé aux produits qui y sont fabriqués. Cela peut prendre des mois parfois des années selon le type de produits. Avant l’arrivée de Validapro, le LBVA avait été occupé plus d’une année par des responsables du système qualité engagé directement par l’Université pour débuter le processus », explique le D r Quessy.Le maintien d’un système qualité dans un établissement comme le LBVA représente un coût variant entre 500 000 $ et 1 M$ selon le type de produits et la cadence de production, sans compter les coûts d’opération.

Partenaire à l’horizon

Huit ans après son inauguration, la direction de la FMV est tout de même optimiste de bientôt trouver la perle rare pour opérer le LBVA.

« Nous avons approché des compagnies américaines et canadiennes susceptibles d’être intéressées à utiliser notre laboratoire. Nous sommes en négociation avec une société pour bâtir un nouveau partenariat à titre d’opérateur qui puisse apporter une plus-value à l’université », mentionne le vice-doyen. Dans le cas où l’on ne réussirait pas à conclure une nouvelle entente avec le secteur privé, le LBVA pourrait être utilisé à d’autres fins et transformé en simple laboratoire de recherche. « Ce serait dommage puisque nous sommes équipés pour faire de la recherche de pointe au bénéfice de nos chercheurs », termine le D r Quessy.

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