19 décembre 2019
Course automobile
Un exploit historique pour Paul St-Sauveur
Par: Maxime Prévost Durand

Paul St-Sauveur (à droite) au banquet de la série Super DirtCar, où on lui a remis une plaque pour sa 16e place au classement. Photo gracieuseté

Au volant de sa voiture #37, Paul St-Sauveur a participé aux 22 épreuves de la série disputées cet été. Photo Daniel Mailhot - 360NitroTV

Paul St-Sauveur est entré dans l’histoire de la course automobile québécoise au cours des derniers mois. À l’âge de 55 ans, il est devenu le premier pilote de la Belle Province à participer à toutes les épreuves de la série Super DirtCar, la plus prestigieuse pour les pilotes de modifiés en Amérique du Nord.

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Au cours de la saison, il a participé aux 22 événements de la Super DirtCar – deux épreuves sur les 24 prévues au calendrier ayant été annulées en raison de la température – contre des pilotes d’expérience, dont plusieurs coursent de façon professionnelle. Un rêve de « p’tit cul » qui s’est réalisé.

« C’est vraiment un trip. Tous ceux qui aiment les courses dans le coin nous suivaient sur MyLap. Tout le monde capotait que quelqu’un le fasse. Peu importe c’était qui, ils étaient contents », mentionne Paul St-Sauveur, dans un entretien avec LE COURRIER.

Au volant de sa voiture #37, le Maskoutain a terminé au 16e rang du classement. Et il aurait pu terminer encore un peu plus haut, estime-t-il, n’eût été de bris de moteurs en cours de saison. « J’aurais fini 13e environ », note-t-il.

Mais qu’importe, l’objectif n’était pas tant les résultats que la constance. « Mon but, ce n’était pas d’épater la galerie. C’était d’essayer de faire toute la série et de suivre les autres, puis de m’améliorer durant l’été. De temps en temps, on a fait de bons coups. »

Paul St-Sauveur cumule plus de 25 ans d’expérience comme pilote automobile, participant surtout aux épreuves tenues à l’Autodrome Granby, puis à Drummondville et Saint-Marcel, en plus de disputer quelques courses à l’extérieur parfois, comme à Cornwall et à Plattsburgh.

Il avait déjà participé à des épreuves de Super DirtCar, mais seulement lorsque celles-ci s’arrêtaient à ces endroits. Cette fois, c’est sur les pistes mythiques d’Eldora (dans l’Ohio), d’Oswego (dans l’État de New York) et The Dirt Track (en Caroline du Nord) qu’il a posé ses roues durant l’été.

« Ce sont les trois plus grosses courses de l’année et on s’est qualifiés pour chacune d’elles, s’exclame le pilote, encore fébrile. À Oswego, il y avait 80 voitures et j’ai fait le 27e meilleur temps. Je capotais! »

À cette même course, il a serré la main du pilote Jimmy Horton, une idole qu’il suit depuis longtemps, afin de lui mentionner à quel point c’était un honneur de partager la même piste que lui. « Et dans les time trials, j’ai tourné plus vite que lui, se remémore le Maskoutain. Je capotais, je capotais ben raide! Je suis parti devant lui dans la qualif! »

Un rythme effréné

En plus de participer aux épreuves de la série Super DirtCar, Paul St-Sauveur et son équipe ont également coursé tout l’été à l’Autodrome Granby. Quelques autres épreuves, surtout à Drummondville, ont aussi été intégrées à l’horaire, dont le rythme a été effréné.

« J’ai pris trois semaines de vacances [à mon travail] en plus de 14 jours de congé », indique le pilote pour témoigner de l’engagement dont il a dû faire preuve pour y arriver.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pourquoi aucun Québécois n’avait complété la série Super DirtCar par le passé. Le voyagement – plus de 27 000 kilomètres ont été parcourus durant la saison – et le temps consacré à la préparation de la voiture chaque semaine, en plus des coûts élevés qui accompagnent la participation à la série, sont autant de facteurs qui l’expliquent lorsqu’ils sont réunis. Mais les astres étaient alignés pour Paul St-Sauveur cette année.

« C’est vraiment un adon. J’avais quelqu’un pour venir avec moi et j’avais un moteur », soutient-il.

Plusieurs collaborateurs qui l’épaulent ont aussi décidé d’embarquer dans l’aventure avec lui, ce qui lui a permis de concrétiser son rêve.

« Si je n’avais pas les Équipements Harjo – pour qui il travaille en tant qu’acheteur, NDLR -, Fondation Daniel Beauregard, Excavation Luc Beauregard et d’autres gars qui m’aident comme ça, je n’aurais pas pu le faire. Juste la voiture, c’est à peu près 100 000 $ que ça a couté. Le moteur à lui seul était 55 000 $. Et c’est à part toutes les autres dépenses de la saison. On peut compter un 60 000 à 80 000 $ en voyagement et en hôtels aussi. »

À un certain moment, il admet s’être demandé s’il allait pouvoir aller au bout de son rêve.

« On le prenait course par course parce que c’était vraiment dur », avoue-t-il. Mais la fierté qui l’habite au terme de cette saison vaut tous les sacrifices.

« Si on amasse les fonds nécessaires, on va essayer de le refaire l’année prochaine, lance même Paul St-Sauveur. On l’a fait une fois et on a bien aimé ça. C’est grandiose. Tout le monde parle de ça. »

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