10 septembre 2015
Décès de Jean Barrette
Un grand militant s’est éteint
Par: Jennifer Blanchette

La région de Saint-Hyacinthe vient de perdre l’un de ses fervents militants de la cause des droits des travailleurs et de l’accès à l’emploi. Jean Barrette a perdu sa lutte contre la maladie le 3 septembre à l’âge de 58 ans.

Il est décédé à l’Hôpital Honoré-Mercier après avoir combattu durant neuf mois un cancer de la moelle épinière. Il laisse dans le deuil sa conjointe, Lyne Goulet, leurs enfants Pascal, Thomas-Alexandre et Geneviève ainsi que quatre enfants nés d’une union précédente.

« Jean, c’était un indépendantiste, un homme de coeur, un humaniste. Il a ­toujours voulu laisser sa trace, avoir un impact positif sur les gens. Il rêvait de faire de la politique autrement », a décrit sa conjointe.

M. Barrette a d’ailleurs légué au monde un dernier présent avant de s’éteindre. Une semaine avant son décès, il a procédé au lancement de son livre Urgent besoin de succès… et de bonheur, lequel consigne ses expériences et ses enseignements ­acquis au cours de son long parcours dans les milieux communautaire, politique et syndical.

« Il a pris la parole au lancement et il a dit : Moi, je ne dis pas yeah, c’est vendredi, mais plutôt yeah, c’est lundi matin! Cette phrase résume bien à quel point le contact avec ses clients et les gens le ­rendait heureux », a partagé Mme Goulet.

Embauché à titre d’agent d’aide à ­l’emploi pour Emploi-Québec en 1984, M. Barrette était également un syndicaliste de longue date.

Depuis quatre ans, il était président du Syndicat de la fonction publique du ­Québec (SFPQ) section 305, en plus d’être responsable du dossier de la condition de la femme.

« Il était un homme convaincu, qui ­militait pour le bien commun. Jean ­voulait aider les gens à avancer dans la vie. On n’était pas des carriéristes, lui et moi. Il a laissé passer plusieurs opportunités ­d’emploi, car les causes qu’il ­défendait et son milieu lui tenaient trop à coeur. Il était aussi féministe, bien plus que certaines femmes ne le sont elles-mêmes. Il les ­amenaient à réfléchir », a souligné Rosetta Bruno, ex-présidente du SFPQ.

Du PQ à Québec solidaire

En plus de ses engagements syndicaux, Jean Barrette évoluait dans le milieu ­politique depuis de nombreuses années.

Soutenant d’abord la cause péquiste à Saint-Hyacinthe, ce sociologue de ­formation a par la suite lorgné du côté de Québec solidaire (QS). En 2011, il a été nommé porte-parole du parti, avant de se présenter à l’investiture lors des élections provinciales de 2012.

« C’est clair que nous venons de perdre un grand militant. Nous étions tous les deux en faveur du bien commun, de la protection de l’environnement. C’était des valeurs que nous partagions », a ­exprimé Richard Gingras, adversaire pacifique de Jean Barrette lors de l’investiture de QS en 2012.

M. Gingras a ajouté qu’il côtoyait Jean Barrette par le biais de leurs implications sociales, les deux hommes étant ­fortement engagés dans le milieu communautaire.

Le défunt a aussi été bénévole pour les ­organismes MADH, une ressource de ­réinsertion en santé mentale et pour ­Solidarité populaire Richelieu-­Yamaska, un collectif de groupes ­populaires.

Les funérailles de Jean Barrette auront lieu le 12 septembre à 14 h, à l’église du quartier Saint-Joseph.

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