16 août 2018
Grand rassemblement des Hells Angels à Saint-Charles
Un gros party sans débordement
Par: Maxime Prévost Durand
Un gros party sans débordement

Un gros party sans débordement

Pas moins de 700 membres des Hells Angels de partout au pays étaient attendus la fin de semaine dernière à Saint-Charles-sur-Richelieu, sur une propriété privée du 4e rang Sud, pour leur grand rassemblement du Canada Run. Certes, la présence policière a été accrue et l’affluence vers la petite municipalité de 1 700 habitants a été importante, mais « tout s’est bien déroulé », a affirmé le maire Marc Lavigne au COURRIER.

Difficile de dire avec exactitude combien de motards se sont finalement rendus à Saint-Charles durant la fin de semaine, mais ce gros party semble selon toute vraisemblance s’être déroulé sans débordement.

À Saint-Hyacinthe, où les hôtels et les restaurants ont accueilli nombre de Hells et de sympathisants de jeudi à dimanche, on ne rapporte aucun incident. Interdit à la clientèle régulière, un restaurant à proximité du centre de congrès aurait d’ailleurs été le théâtre d’une soirée privée entre Hells Angels samedi soir.

Bilan policier

Dans un bref bilan de la Sûreté du Québec, rendu public seulement via le compte Twitter de son directeur des communications, Guy Lapointe, on dénote environ « 500 personnes observées ou contrôlées », dont entre 300 et 325 membres des Hells Angels. Plus de 300 constats d’infraction ont été émis, dont une majorité parce que les motocyclistes circulaient sur l’accotement ou encore parce qu’ils ne portaient pas leur casque. Une seule arrestation, celle d’un homme de 52 ans, a été rapportée. Celui-ci aurait menacé une policière.

Un important contingent de policiers était d’ailleurs présent à Saint-Charles pour l’occasion. Un poste de commandement avait été érigé, les passants du 4e rang étaient tous systématiquement contrôlés, puis un hélicoptère de la SQ a même été aperçu. Les autorités ont aussi fait sentir leur présence sur l’autoroute 20 le vendredi, alors que les motards affluaient dans la région.

« La Sûreté du Québec a été très présente et elle était très très préparée, a noté le maire de Saint-Charles, Marc Lavigne. La collaboration avec les autorités a été excellente. On leur a prêté le stationnement de l’hôtel de ville, puis la Fabrique a prêté celui de l’église. Le plus gros s’est déroulé le samedi. Dimanche en milieu d’après-midi, tout le monde s’était retiré. »

Il affirme ne pas avoir senti de crainte chez les citoyens de sa municipalité malgré la présence dugroupe criminel sur son territoire. « La Sûreté du Québec était venue au conseil municipal au début août pour répondre aux questions des gens », a-t-il rappelé.

Le lieu du rassemblement était d’ailleurs plutôt éloigné du village, limitant les impacts sur les citoyens. « La propriété se trouve sur le 4e rang Sud, à la limite de La Présentation. On n’a pas vraiment ressenti leur présence au village », a-t-il ajouté.

Et maintenant?

Maintenant que la fête est terminée, qu’adviendra-t-il de la présence des Hells Angels à Saint-Charles? Bien que le repaire est plus que jamais identifié au groupe criminel, la municipalité n’a pas beaucoup d’alternatives pour l’instant.

« On a un règlement antibunker, mais on est loin du bunker avec cette propriété. Il n’y a pas de clôture ni de barbelés autour de la maison, il n’y a pas de drapeau hissé avec le logo des Hells Angels », soutient le maire Lavigne.

Reste qu’il ne désire pas voir le nom de sa municipalité être associé aux motards. « Ça, c’est clair, ce n’est pas souhaité. Mais ça reste une propriété privée achetée par un individu », souligne-t-il en rappelant qu’il n’y a pas d’entrave à la réglementation municipale en ce sens.

Malgré tout, les élus feront un bilan dans les prochaines semaines pour tirer les leçons à la suite de cette grande fête qui s’est invitée à Saint-Charles. « On va regarder ce qu’on peut faire, ce qu’on a en matière de règlement et ce qu’on peut apprendre de cette expérience », conclut-il. 

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