13 novembre 2014
Un joyau patrimonial à garder et à préserver
Par: Le Courrier
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Le monastère des religieuses du Précieux-Sang est devenu cette année la propriété de la ville de Saint-Hyacinthe. Un cadeau. Rien de moins, considérant le prix payé. Un site exceptionnel. Un complexe d’une beauté qui n’a pas d’égal dans notre ville.

Le monastère d’origine, d’architecture typiquement québécoise, datant du milieu du XIXe siècle, admirablement conservé et restauré par les soeurs. Une chapelle que je qualifie de notre Sixtine à nous, avec sa décoration intérieure peinte sur toutes ses faces. Et devant, une vue imprenable de la rivière Yamaska, bordée à cet endroit d’un magnifique parc. Un ensemble de rêve maintenant propriété des Maskoutains.

Le garder, le préserver et lui donner une utilité, pour ne pas dire une mission, est un devoir qui nous incombe incontestablement. Un devoir de respect et plus encore, de mémoire. Trop nombreuses ont été les pertes de notre patrimoine bâti, parfois accidentelles, mais malheureusement aussi volontaires. Incendies et démolitions.

Une utilité

Une bonne réflexion est nécessaire.

Il y a évidence que si les religieuses ont confié leur monastère et sa chapelle à la ville, c’est qu’elles souhaitaient que celle-ci donne une suite honorable et durable à leur trésor.

Pourrait-on imaginer meilleure place pour exhiber notre patrimoine religieux? Tableaux, sculptures, mobilier, le tout à caractère patrimonial. Je pense entre autres à tous ces tableaux et objets actuellement invisibles au Séminaire.

En soi, ces immeubles constituent déjà des pièces de musée. La chapelle pourrait être le nouvel abri d’un « orgue relique » de notre célèbre constructeur Casavant, actuellement démonté, et qui pourrait reprendre vie par des concerts occasionnels. Et tout en conservant dans une certaine mesure le caractère religieux des lieux, des réunions culturelles pourraient y trouver place. Des expositions d’art, des conférences, des auditions commentées de musique enregistrée, des célébrations et bien d’autres rencontres conviviales. Les espaces reliant les différents édifices peuvent aussi être aménagés en musée.

Le monastère, la grande maison blanche, peut très certainement être un lieu où l’on pourrait, à partir de meubles et objets recueillis, reconstituer des chambres comme celle de la fondatrice et d’autres personnages prestigieux de Saint-Hyacinthe, des salons et des cuisines, soit de la communauté ou de maisons de familles maskoutaines traditionnelles.

Le tout dans le cadre et sous l’égide du Complexe Culturel Maskoutain, le CCM, actuellement à l’étude. En somme, un prolongement de celui-ci.

Bien sûr, bien d’autres bonnes idées peuvent naître, doivent naître, dis-je, d’une telle réflexion, mais il y a une certitude; le complexe des Soeurs du Précieux-Sang doit demeurer la propriété de la ville et de ses citoyens en tant que patrimoine à garder vivant comme témoin de l’histoire maskoutaine et québécoise, sans jamais devenir un lieu à but commercial.

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