14 juin 2018
Démolition de l’église Sacré-Cœur
Un legs du passé refait surface
Par: Rémi Léonard
David Bousquet devant une partie du contenu de la boîte en question. On remarque notamment sur la table le certificat de bénédiction et la pierre angulaire qui porte l’année de la construction.

David Bousquet devant une partie du contenu de la boîte en question. On remarque notamment sur la table le certificat de bénédiction et la pierre angulaire qui porte l’année de la construction.

Même démolie, l’église Sacré-Cœur continue de nous révéler quelques fragments de l’histoire maskoutaine. En plus de l’imposante effigie du Sacré-Cœur en pierre sauvegardée au moment de la démolition, un autre vestige a également été récupéré, plus discrètement, cet automne.

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Il s’agit d’un coffret qui avait été placé près de la pierre angulaire de l’église au moment de sa bénédiction, le 1er septembre 1946. Son emplacement était évoqué dans un ouvrage publié à l’occasion du 50e anniversaire de la paroisse Sacré-Coeur-de-Jésus. C’est grâce à cette référence que le conseiller David Bousquet a signalé au moment de la démolition la possibilité que la pierre angulaire renferme toujours ce secret. Comme de fait, l’artefact a été retrouvé sur place, toujours scellé après plus de sept décennies passées dans le mur de l’église.

L’air de rien, cette simple boîte contenait en fait un petit trésor d’histoire maskoutaine, a découvert l’équipe qui a procédé à son ouverture le 7 juin au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Malgré l’usure du temps, le certificat original de la bénédiction a été retrouvé parfaitement lisible, avec les signatures apposées par plusieurs notables de l’époque, tels que l’évêque Arthur Douville, le maire Ernest-Ovide Picard, l’architecte René Richer ou les députés Joseph Fontaine et Ernest J. Chartier.

Une véritable capsule temporelle

Une relique de Mgr Louis-Zéphirin Moreau, probablement un morceau de tissu provenant de son habit, a indiqué Paul Foisy, a aussi été découverte. À travers tous les médaillons, objets religieux et portraits retrouvés, l’objet le plus chargé symboliquement est sans doute un simple bout de bois calciné. Il s’agit en fait d’un vestige du tragique incendie qui a consumé le Collège Sacré-Cœur le 18 janvier 1938, faisant 46 victimes, sur le même terrain où a été bâtie l’église à peine quelques années plus tard. La date fatidique est même inscrite sur le morceau de bois.

Malgré sa petite taille, la boîte contenait un nombre impressionnant d’objets personnels laissés par les paroissiens, allant de précieux items à de simples cennes noires de l’époque. Tous semblent ainsi avoir laissé « une petite part d’eux-mêmes » dans leur nouvelle église, a commenté David Bousquet, une trace qui a permis de « conserver la mémoire de l’époque », a-t-il ajouté. Les paroissiens ne devaient évidemment pas s’imaginer que leur église serait démolie 72 ans plus tard.

Le public pourra en profiter

L’identification de toutes ces pièces doit maintenant se poursuivre au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, qui est chargé de les conserver. Déjà, l’idée d’organiser une exposition pour présenter ce pan du patrimoine maskoutain au grand public semble se concrétiser, possiblement pour cet automne.

La réflexion autour du monument qui doit rappeler la présence du Collège puis de l’église Sacré-Cœur sur le terrain qui accueillera un parc adapté aux élèves de l’école René-Saint-Pierre va elle aussi bon train, a indiqué David Bousquet.
Maintenant propriétaire des lieux, la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe a également collaboré à la sauvegarde des éléments patrimoniaux, en particulier l’enseignant Lionel Vanicatte, de l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe, qui a aidé à dégager le bloc de pierre après qu’il a été sorti du chantier. 

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