12 décembre 2019
Un Maskoutain défiguré en protégeant sa sœur
Par: Olivier Dénommée

Photo François Larivière | Le Courrier ©

Cette photo a été prise par Anthony Seyer à la fin de la délicate chirurgie qui a été nécessaire après les événements de dimanche. Il a dû par la suite subir une autre chirurgie mardi après-midi au niveau du front et de l’arcade sourcilière. Photo Facebook

Un autre coup de pub dont aurait bien pu se passer Saint-Hyacinthe cette fin de semaine : le bar Shaker a été le théâtre d’une altercation qui a vite dégénéré et qui a laissé Anthony Seyer, Maskoutain de 21 ans, défiguré. Ce dernier était intervenu pour défendre sa sœur, agressée sexuellement par deux clients.

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Anthony Seyer passait la soirée au Shaker avec sa sœur Emy-Lee et des amis dans la nuit de samedi à dimanche. Il a remarqué deux clients, âgés dans la trentaine, se montrer insistants envers sa sœur, âgée de 18 ans, mais n’est intervenu qu’après qu’ils eurent renversé une bière sur elle et que l’un d’eux lui eut touché la poitrine. Anthony Seyer, issu du milieu de la boxe, a admis à d’autres médias avoir « explosé » à ce moment, prenant à la gorge les deux clients pour leur faire comprendre que leurs gestes allaient trop loin. C’est là que l’un d’eux l’a violemment frappé au visage, possiblement à deux reprises, à l’aide d’un verre. Le jeune homme, qui a subi une coupure profonde du front jusqu’au menton, a été rapidement conduit à l’hôpital. Son agresseur, un homme de 30 ans de Saint-Pie que la victime ne connaissait pas, a quant à lui été arrêté, puis relâché sous promesse de comparaître.

« Chanceux »

Le père de la victime, l’entraîneur de boxe maskoutain Marc Seyer, a appris au milieu de la nuit ce qui était arrivé à son fils Anthony. « Comme père, ce n’est pas facile de voir passer cette histoire et jamais je n’encouragerais mes enfants à se battre, mais dans les circonstances, je suis fier qu’il ait défendu sa sœur et qu’il ne l’ait pas laissée tomber. On ne sait pas ce que ces gars auraient pu faire s’il n’était pas intervenu. » Il considère que malgré tout, Anthony a été « chanceux dans sa malchance » puisque le verre a épargné son œil de justesse. Sur d’autres tribunes, Anthony Seyer a confirmé que, même en connaissant les conséquences que ses gestes ont eues, il ne ferait rien différemment.

Selon Marc Seyer, la famille n’avait pas encore rencontré la police mardi pour faire sa déclaration concernant les événements au Shaker. Une plainte devrait aussi être déposée au sujet de l’attouchement dont Emy-Lee a été victime. De son aveu, Marc Seyer est content de ne pas connaître l’identité des deux personnes qui ont fait du mal à ses enfants. « Je ne sais pas qui c’est et je ne veux pas le savoir! On va laisser la justice faire son travail », conclut le père qui ne sait pas encore quand ce dossier passera devant un juge.

Événement isolé

De son côté, le bar Shaker rassure sa clientèle que tout a été fait pour assurer la sécurité des lieux, malgré les violents événements. « Nous avons offert notre entière collaboration à la police et lui avons fourni les images de nos caméras de sécurité pour déterminer ce qui s’est passé, confirme le copropriétaire Sébastien Goulet. Les caméras nous montrent que les agents de sécurité sont intervenus en moins de 2 secondes lorsque ça a dégénéré : ils ont éloigné l’agresseur et se sont occupés de la victime qui saignait beaucoup avant l’arrivée des ambulanciers. La famille nous a remerciés parce que, sans leur intervention rapide, il ne serait peut-être plus là. »

Selon M. Goulet, les critères de sécurité sont extrêmement élevés au Shaker pour prévenir au maximum les risques de débordement. « Si une personne qui veut entrer est intoxiquée ou a des antécédents violents, on ne la laisse pas entrer, c’est aussi simple que ça. » Il confirme que l’agresseur présumé n’avait pas d’historique de violence avant samedi soir et est confiant d’avoir fourni assez de preuves à la police pour qu’il subisse les conséquences de ses gestes.

« La bonne nouvelle, c’est qu’il a été arrêté, même si ce qu’il a fait donne une mauvaise image de notre bar. En 15 ans de métier, je n’ai jamais vu une chose pareille », ajoute M. Goulet, troublé de voir des actes d’une telle violence dans une ville comme Saint-Hyacinthe.

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