6 octobre 2016
Entre les lignes
Un métier à risques
Par: Le Courrier

Tous les agriculteurs vous le diront, le métier d’agriculteur n’est pas de tout repos, mais c’est l’un des plus beaux. Rude, exigeant, mais combien gratifiant.

Dans la technopole agroalimentaire du Québec, nous sommes entourés de ces infatigables travailleurs qui consacrent toute leur existence à leur ferme, leur élevage, leur production. Ce sont des parents, des amis, des voisins.

Dans ce contexte, on comprendra aisément que les décès d’Alain Beaudry, un producteur de porcs de Saint-Valérien, et de son jeune employé d’à peine 18 ans, Anthony Lalumière, aient secoué bien du monde. Il faut dire que la famille Beaudry est reconnue comme l’une des familles agricoles les plus dynamiques et les plus impliquées dans la région maskoutaine, et ce, de père en fils (Billy) et fille (Cindy).

La disparition du paternel a été ressentie partout, vu les multiples implications de la famille dans la communauté et à travers diverses instances syndicales.

Les circonstances tragiques de ces deux décès survenus lors d’une intervention de routine dans une préfosse à purin, rappelle justement et cruellement à tous que la routine peut être drôlement sournoise à la ferme, où les dangers sont omniprésents.

Même les plus expérimentés ne sont pas à l’abri d’une malchance ou d’une mauvaise évaluation des risques, particulièrement lorsqu’il est question de travailler en espace clos comme le sont les fosses à purin. On ne peut faire autrement que de repenser à la tragédie du camping Lac du repos de Saint-Jean-Baptiste à l’été 2004. Intoxiqué par une concentration élevée de sulfure d’hydrogène, un travailleur était décédé en descendant dans une station de pompage reliée à une fosse septique. En voulant lui porter secours, le propriétaire et un campeur avaient subi le même sort, et une quatrième victime avait pu être sauvée in extremis. À Saint-Valérien, tout indique que le sulfure d’hydrogène et une procédure de travail inadéquate auront fait deux autres décès. Ces derniers auraient pu être évités et c’est ce que devraient dire les autorités au terme de leur enquête. Espérons seulement que ces décès permettront d’en éviter d’autres et que le message de prévention sera entendu et retenu. Ce serait la meilleure façon d’honorer les disparus.

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