15 septembre 2011
Un milieu de vie ou de soins?
Par: Martin Bourassa

Une inspection récente orchestrée par le ministère de la Santé a révélé une série de lacunes à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe. Certaines avaient même été soulevées lors de l’exercice précédent réalisé en 2005.

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Une inspection récente orchestrée par le ministère de la Santé a révélé une série de lacunes à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe. Certaines avaient même été soulevées lors de l’exercice précédent réalisé en 2005.

Faut-il s’inquiéter, sortir les résidants et demander la mise en tutelle de l’établissement pour autant? Wô les moteurs. Respirons par le nez.J’ai épluché cinq fois plutôt qu’une tout le rapport d’inspection. J’ai pu apprécier les commentaires et les reproches adressés à la direction, mais je n’y ai pas vraiment vu matière à scandale. Matière à amélioration sur certains aspects peut-être, mais rien qui ne semble irréalisable même si selon moi les attentes des inspecteurs sont un peu élevées par rapport à ce genre d’établissement. Les inspecteurs veulent que ces centres d’hébergement de soins longue durée adoptent les couleurs et la philosophie d’un milieu de vie animé, chaleureux, convivial où il fait bon vivre.C’est ce que nous voudrions tous d’ailleurs, moi le premier. Et c’est ce que s’efforce de faire avec les moyens du bord tout le personnel de l’Hôtel-Dieu à n’en pas douter.Sauf que dans la vraie vie, ces milieux de vie sont avant tout des milieux de soins. La clientèle est de plus en plus lourde. Le nombre d’heures soins par patient va toujours en augmentant, contrairement aux ressources humaines et financières disponibles.Le personnel va donc au plus pressant et il fait pour le mieux, en choisissant ses priorités et ses combats. On sera tous d’accord, je pense, pour juger la qualité d’un établissement par la qualité des soins avant la couleur des murs ou le nombre d’heures consacrées à la pratique du bingo. Et en ce qui concerne la qualité des soins, l’Hôtel-Dieu n’a certes pas à rougir. Ce qui se passe dans les petites résidences privées du réseau m’inquiète bien davantage. Et en ce qui concerne le nombre élevé de contentions ou de contrôles effectués à l’Hôtel-Dieu, encore faudrait-il que les inspecteurs et les intervenants sur le terrain s’entendent sur ce qui en est ou pas. Relever les ridelles de lit des patients alités est-il de la contention?Les avis sont semble-t-il partagés. Moi, je réponds non.

M.B.

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