13 juin 2019
Sainte-Marie-Madeleine
Un « non » à respecter, dit Lacombe
Par: Benoit Lapierre

Pour l’ancien maire de Sainte-Marie-Madeleine, Simon Lacombe, le résultat du référendum du 2 juin est définitif; la fusion n’aura pas lieu. Photothèque | Le Courrier ©

Pour l’ancien maire de la paroisse de Sainte-Marie-Madeleine, Simon Lacombe, le sujet est clos. Ses concitoyens ont dit « non » au regroupement avec le village de Sainte-Madeleine, et il considère que le résultat du référendum du 2 juin dans la paroisse a tout simplement mis fin au débat.

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Sur ce territoire, 608 électeurs ont dit « non » à la fusion contre 396 qui ont dit « oui », le taux de participation s’établissant à 46,2 %.

« Le maire Carpentier peut bien dire ce qu’il veut, c’est ce qui va être appliqué [le rejet de la fusion]. L’affaire est réglée », a-t-il laissé tomber lorsque joint par LE COURRIER. À ses yeux donc, la seule chose qui compte vraiment est le résultat du vote à la paroisse, même si au village, le « oui » l’a emporté haut la main par 593 voix contre 56 (taux de participation de 37 %). Cela donne le « oui » gagnant sur l’ensemble du territoire concerné, par 989 voix contre 664.

C’est sans aucun doute ce résultat global qui fait dire à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, qu’elle serait toujours prête à considérer une demande commune de regroupement en provenance des deux municipalités. Tel est, du moins, le message que ses représentants ont transmis lundi à la municipalité de Sainte-Marie-Madeleine, où le conseil municipal devait se réunir le soir même et prendre acte des résultats du référendum.

Prônant toujours le regroupement, le maire de Sainte-Marie-Madeleine, Gilles Carpentier, a indiqué mardi matin que la majorité de ses conseillers avaient, de leur côté, appliqué les freins et qu’ils allaient maintenant s’en tenir au résultat du vote à la paroisse. « C’est un revirement total, et c’est bien triste », a-t-il résumé.

Son adversaire à la mairie aux élections de 2017, André Mousseau, estime quant à lui que ses concitoyens ont fait le bon choix. « Dans le fond, les gens de la paroisse ont compris qu’il n’y avait pas d’avantages pour eux dans ce qui était proposé, et que le premier conseil élu après la fusion aurait pu tout changer », analyse-t-il. Il affirme que l’étude contenait des imprécisions, notamment en ce qui a trait à la dette de la Paroisse, laquelle devait être assumée par les contribuables du village. « Cette dette-là n’est pas la vraie dette parce qu’une partie est financée par le gouvernement. Il y avait plein de petites choses comme ça dans l’étude », soutient-il. Vérification faite, le montant de 785 100 $ mentionné dans l’étude correspond bel et bien à la dette que la Paroisse doit supporter seule (voir autre texte). Dans la même veine, M. Mousseau ajoute que rien ne garantissait aux agriculteurs le maintien, après la fusion, de la taxe foncière agricole à taux préférentiel qui est en vigueur à la Paroisse. « Maintenant, il faut bâtir notre société pour Sainte-Marie-Madeleine, faire nos choses à nous, comme les loisirs, tout en se respectant les uns les autres. »

Mais d’autres citoyens sont très déçus de la tournure des événements et c’est le cas de Lise Chartier, cette citoyenne qui a lancé la page Facebook « Comité des citoyens de Sainte-Marie-Madeleine » il y a quelques années après s’être impliquée dans l’affaire du « Garage de la honte », en appui à sa voisine Noëlla Paquette.

Bien que favorable au regroupement, elle a voulu se tenir à l’écart du débat, mais l’a quand même suivi de près, sans vouloir influencer les gens. « Je trouve que ça a été mal expliqué, mais c’est sûr que ça n’a pas été une grosse campagne. Les trois-quarts des gens ne sont pas informés [du dossier] et on l’a vu au faible taux de participation. C’est vrai qu’il y avait des trous dans l’étude, et l’équipe du “non” s’en est servi. Il aurait fallu que ce soit expliqué plus simplement, comme à la petite école, mais tout était compliqué à comprendre. On a beaucoup parlé des économies, mais il aurait aussi fallu qu’on dise aux gens : et si on ne fusionne pas, ça va nous coûter combien? »

Selon Mme Chartier, le maire Carpentier doit maintenant respecter le verdict de ses concitoyens, même si le résultat global est favorable à la fusion. « On aurait dû faire un vote collectif, mais ça, il aurait fallu y penser avant. » Elle n’en croit pas moins que le regroupement règlerait des questions bien simples, comme cette confusion qui existe dans les adresses postales. « S’il faut qu’on reste deux municipalités, ça va prendre deux codes postaux : c’est fini le niaisage. Les numéros civiques, ça t’amène toujours au village. Nous, de la paroisse, on n’existe pas! »

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