26 mars 2015
Accusation d’attentat à la pudeur
Un nouveau Frère mariste arrêté
Par: Maxime Prévost Durand

Quatre mois après l’arrestation de deux Frères maristes ayant oeuvré au Patro Lokal de Saint-Hyacinthe dans les ­années 70 et 80, voilà qu’un troisième Frère a été appréhendé par les policiers au cours de la dernière semaine.

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Jean-Noël Bergeron, 66 ans, a comparu au Palais de Justice de Saint-Hyacinthe en début de semaine. Il fait face à une ­accusation d’attentat à la pudeur, selon le Code criminel de l’époque.

Les faits qu’on lui reproche se seraient déroulés entre 1979 et 1982 à Saint-­Hyacinthe. Il aurait fait une victime, un garçon âgé de 14 ans lors des premières actions.

Cette victime, dont l’identité est ­préservée, ne fait pas partie des victimes des Frères Réjean Trudel, 70 ans, et ­Daniel Cournoyer, 68 ans, arrêtés en ­novembre dernier.

Une autre personne a également été ­arrêtée mardi pour les mêmes motifs. Fernand-Paul Therrien aurait attenté à la pudeur d’un jeune adolescent entre 1982 et 1983. Bien que ce dernier n’était pas un Frère mariste, les faits qu’on lui reproche pourraient être reliés aux autres accusés, selon nos informations.

Therrien et Bergeron ont tous deux été libérés en acceptant de respecter diverses conditions, dont celle de ne pas se trouver en présence de personne mineures, sans être accompagné d’un adulte au fait des accusations.

Cinq nouvelles victimes pour Trudel

Le Frère Réjean Trudel, arrêté une ­première fois en novembre dernier, fait l’objet de nouvelles accusations. Cinq nouvelles victimes se sont manifestées et pas moins de neuf accusations d’attentat à la pudeur et d’agression sexuelle se sont ajoutées aux six premières accusations auxquelles il faisait déjà face.

Les nouvelles allégations se seraient déroulées entre 1979 et 1986 à différents endroits au Québec, soit à Saint-­Hyacinthe, à Saint-Liboire et à Eastman, et impliqueraient des garçons alors âgés de 13 à 16 ans. Il a comparu le 20 mars pour entendre les nouvelles accusations qui pèsent contre lui.

Si on cumule les 18 accusations des Frères Trudel, Cournoyer et Bergeron, on dénombre plus de onze différentes ­victimes. Les deux victimes du Frère Cournoyer comptent parmi les dix du Frère Trudel.

La majorité des gestes reprochés se ­seraient déroulés au Patro Lokal dans les années 70 et 80. Cet endroit, dont ­l’établissement était situé sur la rue Pratte à Saint-Hyacinthe, accueillait de jeunes garçons provenant de milieux ­défavorisés. Ces garçons pouvaient y être hébergés sur une base volontaire. Le ­Patro Lokal servait également de lieu de rassemblement et de divertissement pour les adolescents.

Recours collectif

En plus des accusations criminelles ­déposées contre certains Frères maristes, un recours collectif a été intenté envers le frère Réjean Trudel et la congrégation ­religieuse en septembre. Les Frères ­Daniel Cournoyer et Jean-Noël Bergeron sont également visés par le document ­juridique.

D’après l’avocate Marie-Josée ­Corriveau, qui représente l’Association des amis du Patro Lokal de Saint-­Hyacinthe, l’organisme réquérant au ­dossier, la requête n’a pas encore été ­plaidée. Une date d’audience devrait être fixée demain par la juge de la Cour ­supérieure, France Dulude.

Me Corriveau n’a pas voulu ­préciser ­combien de personnes s’étaient jointes au recours collectif. À l’automne, elle avait ­mentionné qu’une dizaine de ­présumées victimes s’étaient alors ­manifestées.

L’Association des amis du Patro Lokal ­réclame la somme de 250 000 $ par ­victime pour l’ensemble des préjudices subis et 150 000 $ supplémentaires à titre de ­dommages punitifs et ­exemplaires.

Avec la collaboration de Jennifer ­Blanchette

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