9 août 2012
Un pari audacieux
Par: Martin Bourassa

D’entrée de jeu, je dois préciser ma position sur l’usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe. Je ne suis pas forcément contre, ni totalement pour. Je suis comme plusieurs, je crois, dans une zone relativement grise.

publicité

D’entrée de jeu, je dois préciser ma position sur l’usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe. Je ne suis pas forcément contre, ni totalement pour. Je suis comme plusieurs, je crois, dans une zone relativement grise.

La faute à qui ou à quoi? Bonne question. Peut-être en bonne partie dû au fait que l’usine de biométhanisation se soit développée en marge à Saint-Hyacinthe. On a investi près de 9 millions dans la phase I comme si cela allait de soi, sans trop le dire ni s’en vanter, presque en catimini. On a eu très peu de suivi sur ce qui se passait à l’usine, sur l’allure des avancées réalisées et des pépins techniques rencontrés.Pas vu l’ombre d’un montage financier non plus. Je parle d’un document qui aurait indiqué noir sur blanc la nature des investissements requis, incluant les revenus et les dépenses anticipés. La Ville a misé « all in » sur la biométhanisation. Une chance pour elle et pour les contribuables, le pari semble, pour l’instant, réussi.La Ville de Saint-Hyacinthe fait figure de pionnière dans le domaine. Nos gens ont appris sur le tas afin d’acquérir une certaine expertise. C’est le lot des pionniers. Ils font des essais, des erreurs et des bons coups. Et voilà que ces efforts viennent d’être récompensés. Ottawa et Québec vont en effet injecter 25,8 M$ dans le développement de la phase II. C’est beaucoup d’argent, plus encore que ce que demande la construction d’un tunnel à quatre voies, par exemple. C’est la somme dont notre hôpital aurait besoin pour une urgence revampée. Mais bon, cet argent servira à traiter nos déchets organiques puisque la Ville de Saint-Hyacinthe en a décidé ainsi.Elle devra d’ailleurs investir de sa poche un autre 8 M$ pour compléter la phase II, pour un investissement municipal total d’environ 17 M$ dans ce projet. Et elle va le faire dans la joie, sans consultation, sans grand débat, sans tenir de séance d’information puisque c’est dans l’ordre naturel des choses, semble-t-il, pour une ville qui a emprunté le virage vert. Il faut tout de même retenir un élément intéressant. Le directeur général de la Ville estime que l’investissement municipal va s’autofinancer à l’intérieur de six ou sept ans, et qu’après nous pourrons engranger les revenus. J’en prends bonne note.Si le tout se confirme, on pourra effectivement se frotter les mains.

M.B.

image