4 juin 2015
Un pas de plus vers l’intégration…
Par: Le Courrier
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En tant qu’organismes qui oeuvrent auprès de personnes vivant avec différentes incapacités, nous avons plus souvent tendance à décrier les obstacles rencontrés par nos membres en lien avec des difficultés d’intégration. C’est normal, direz-vous, puisque c’est notre travail : favoriser la pleine ­participation de personnes qui vivent avec des limitations sur le plan physique, intellectuel ou en raison d’une perte de capacité liée au vieillissement.

À l’occasion de la Semaine québécoise des personnes handicapées, question de faire un peu autrement, nous avons envie de tenter l’exercice inverse : souligner, pour une fois, des mesures adoptées qui favorisent l’intégration des personnes. Parce que, non, le verre n’est pas toujours à moitié vide…

L’année passée, à deux reprises, nous avons mis en lumière les impacts de l’offre de transport adapté sur la ­participation sociale des personnes ­vivant avec des incapacités. Nous avons souligné que l’accès à celui-ci avait un rôle majeur à jouer dans l’acquisition ou le maintien de leur autonomie. À deux ­reprises, nous avons marqué des points en faveur de nos membres. En effet, à la suite de nos actions, la desserte du ­transport adapté a été augmentée, offrant plus d’heures de service les jeudis et ­samedis soir et la fin de semaine (il n’y avait pas de service le dimanche) et, autre bonne nouvelle, récemment, la MRC des Maskoutains, qui assure la gestion du ­service de transport adapté, a pris la ­décision de prolonger ses heures de ­service afin de permettre aux utilisateurs du ­service de participer aux Beaux mardis de Casimir, activité à laquelle certains n’avaient pas accès faute de moyens de rentrer chez eux après l’événement.

Comme il n’y a pas eu de rehaussement significatif des enveloppes attribuées au transport adapté – surtout pas dans le contexte économique et politique actuel – il n’y a pas d’autres explications ­possibles à ces décisions qu’une volonté, au niveau des instances décisionnelles de la ville et de la MRC, de poser un geste en faveur de ces personnes : une volonté et des choix qui découlent, nous aimons le croire, de valeurs telles que l’intégration sociale, l’égalité et de solidarité.

En cette belle Semaine québécoise des personnes handicapées, nous tenons à souligner ces efforts qui nous laissent entendre que le rêve d’une société plus inclusive où les limitations d’une ­personne ne génèrent plus de situations de handicap n’est pas une utopie. ­Peut-être un projet, un chantier, mais pas une utopie…

Maintenant, vous le devinez, le verre a beau ne pas être à moitié vide, il n’est pas encore plein. Au niveau de l’intégration au travail, de la situation économique des personnes et des préjugés à leur endroit, oui, il reste encore beaucoup à faire. Mais, si ces dossiers peuvent nous ­apparaître comme des montagnes, il ­demeure quelques collines ou petites buttes à notre portée. Ce n’est pas un ­reproche, dans la mesure où il nous est difficile de nous mettre dans la peau de ces ­personnes, mais nous n’avons pas ­toujours consulté les personnes vivant avec des limitations lors de certains ­réaménagements au niveau des services offerts par la ville. À titre d’exemple : la nouvelle offre de transport en commun de la ville de Saint-Hyacinthe. Si elle ­correspond à une amélioration des ­services pour la plupart de ses usagers (nouveaux trajets, heures prolongées, etc.), l’augmentation de la circulation des autobus autour des Galeries St-Hyacinthe a pour conséquence de réduire les points d’embarquement et de débarquement des personnes qui utilisent le transport adapté à la porte 5 près du ­cinéma 8. ­Résultat : une personne à ­mobilité ­réduite, qui doit se rendre à l’autre bout des Galeries pour faire ses courses, doit parcourir de longues ­distances pour ­circuler d’un point à un autre. Une marche plutôt longue pour une personne qui utilise cette forme de transport pour un service porte à porte, sans compter la crainte, souvent, de ne pas parvenir à temps au point où on ­viendra la prendre (rappelons ici que les personnes qui ratent leur transport doivent payer un 10 $ de pénalité pour transport en blanc, en plus de devoir ­trouver – et payer – un autre moyen de transport pour rentrer chez elles…).

À travers l’adoption de certaines ­mesures, nous avons fait, il est vrai, un grand pas vers une plus grande ­intégration. Afin de poursuivre dans la même direction, cependant, les ­instances décisionnelles ont des réflexes à développer, comme celui de consulter les personnes qui vivent avec des ­limitations afin d’éviter de telles ­situations. Le ­prochain pas vers ­l’intégration selon nous? Davantage de consultation. ­Plusieurs organismes, dont les nôtres, peuvent aussi être consultés afin que toutes les voix impliquées soient ­entendues.

Bonne semaine à toutes et tous! Chaque geste, chaque parole comptent pour que les personnes qui vivent avec des ­limitations voient leur verre un peu plus plein…

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