18 mai 2017
Football universitaire
Un pas derrière pour mieux avancer
Par: Maxime Prévost Durand
Après une saison d’absence, Louis-Philippe Simoneau se dit prêt à revenir avec les Carabins de l’Université de Montréal. Photothèque | Le Courrier ©

Après une saison d’absence, Louis-Philippe Simoneau se dit prêt à revenir avec les Carabins de l’Université de Montréal. Photothèque | Le Courrier ©

Sans trop de bruit, le botteur Louis-Philippe Simoneau s’est éclipsé pendant un an du football universitaire. La passion, la flamme, tout cela n’y était plus. Il a quitté les Carabins de l’Université de Montréal de même que les études qu’il avait entamées pour repartir à zéro. En faisant un pas derrière, il quittait pour mieux revenir.

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Au cours des dernières semaines, l’athlète de 22 ans a participé au camp printanier des Carabins, retrouvant ainsi la « famille » qu’il avait quittée à la fin 2015. Par la même occasion, il confirmait ses intentions de se joindre à l’organisation en vue de la saison 2017.

« Ça se passe bien. On a commencé les entraînements dimanche (le 30 avril) et je reprends le beat avec les gars qui font les longues remises », raconte-t-il en entrevue avec LE COURRIER.

En deux saisons avec les Carabins, Simoneau a soulevé à deux reprises la Coupe Dunsmore, en plus de remporter en 2014 la Coupe Vanier. Sa deuxième campagne avec l’équipe avait toutefois été plus difficile. Il l’avait même qualifiée de « pire saison de sa vie », avec des statistiques en deçà de ses standards.

« Quand je suis parti à la fin 2015, j’avais perdu la passion d’aller aux pratiques et de jouer au football. J’ai quitté l’université et je me suis inscrit à un DEP en paysagement. Je suis reparti à zéro », soutient-il.

Puis à l’été dernier, il s’est joint aux Bruizers de la Rive-Sud dans la ligue de football junior du Québec. « Ça me manquait [de jouer]. Même si ce n’était pas du football universitaire, c’était une ligue compétitive et j’avais du fun aux pratiques. »

Son plaisir retrouvé a eu un impact positif sur ses performances, si bien qu’il a été élu joueur par excellence de la ligue grâce à un taux de réussite de 70 % sur ses bottés de placement et une moyenne de 40,9 verges pour ses bottés de dégagement.

Le déclic

Durant l’été 2016, lui et un coéquipier qui avait déjà été approché par les Carabins parlaient de se joindre à la formation de l’UdM. Mais c’est lors de la finale de la Coupe Dunsmore, entre son ancienne équipe et le Rouge et Or de l’Université Laval, que le déclic s’est fait. « Ça m’a brisé le cœur d’être dans les estrades et de ne pas être sur le terrain avec les gars », se souvient Simoneau.

À la suite de discussions avec sa famille et avec l’entraîneur-chef Dany Maciocia, le Maskoutain a choisi de retourner à l’université cet hiver afin de réintégrer les Carabins. « Je mets beaucoup d’efforts dans mes études pour pouvoir être dans l’équipe cet automne », soutient le nouvel étudiant en arts et science. Pour se faire, il doit obtenir cet été les derniers crédits nécessaires afin de réponde aux standards demandés.

En son absence, le botteur de dégagement Félix Ménard-Brière a vu la tâche des bottés de précision lui être confiée chez les Bleus. Les résultats qu’il a présentés l’an dernier lui permettent aujourd’hui de frapper aux portes des rangs professionnels. Dimanche, il a été repêché par les Blue Bombers de Winnipeg dans la Ligue canadienne de football, puis il participera au cours des prochains jours à un camp d’essai dans la NFL, chez les Giants de New York. Il serait donc étonnant de le revoir dans l’uniforme des Carabins.

Cette situation n’assure pas pour autant la place du Maskoutain, puisque trois autres botteurs participeront au camp d’entraînement. Il aura toutefois l’avantage de l’expérience. « Je ne me mets pas de pression, mais il est certain que je devrai compétitionner pour faire partie de l’équipe », avoue-t-il.

Une pause introspective

La pause du football universitaire que s’est imposée Louis-Philippe Simoneau était devenue nécessaire. « À la fin [avec les Carabins], je ne m’amusais plus lors des entraînements. Je me disais qu’il ne fallait pas que je manque de botté », confie-t-il.

Son passage avec les Bruizers l’été dernier lui aura permis d’aborder les entraînements différemment et d’apprendre à ne pas trop s’en mettre sur les épaules. « Ce que je retiens, c’est de ne pas être trop dur envers moi-même. Je veux juste m’amuser. Je suis chanceux de pouvoir faire partie du niveau universitaire et je veux en profiter », poursuit l’ancien des Patriotes de l’école secondaire Saint-Joseph.

Sans le dire explicitement, on peut lire entre les lignes que la relation avec son entraîneur de longue date, Denis Boisclair, avec qui il travaille depuis qu’il est en secondaire 3, n’était pas à son meilleur lors de sa dernière saison avec les Carabins.

« J’étais renfermé sur moi-même et on avait des petites chicanes », reconnaît Simoneau.

La pause aura été bénéfique de ce côté également puisque les deux se sont retrouvés récemment afin de relancer leur collaboration. « Le fait d’être séparé pendant un an a fait du bien. On s’est retrouvé maintenant et c’est comme s’il ne s’était rien passé. »

Avec une maturité acquise et une confiance renouvelée, tout indique que Louis-Philippe Simoneau fera un retour en force avec les Carabins cet automne. « Des fois, ça fait du bien de faire un pas en arrière pour avancer de deux », conclut-il. 

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