29 septembre 2011
Un pas vers l’enquête
Par: Martin Bourassa

On disait il y a encore une semaine à peine qu’il n’y a que les fous et les libéraux qui ne changent pas d’idée au Québec au sujet de la tenue d’une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction. C’est de moins en moins vrai.

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On disait il y a encore une semaine à peine qu’il n’y a que les fous et les libéraux qui ne changent pas d’idée au Québec au sujet de la tenue d’une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction. C’est de moins en moins vrai.

C’est peut-être une idée que je me fais, mais on dirait que le vent tourne, que les astres commencent à être drôlement alignés et qu’avant longtemps le premier ministre Charest lui-même annoncera l’impossible. Qui l’eût cru?La pression mise par tous les partis d’opposition et les sondages réclamant cette commission commencent à faire leur effet. Et la sortie publique du grand patron de l’Unité anticollusion, le respecté Jacques Duchesneau, à Québec mardi, vient en quelque sorte de mettre la table à cette commission d’enquête, qui sera en partie privée et publique. On voit mal comment le premier ministre du Québec pourrait faire la sourde oreille plus longtemps quand sous son nez le big boss de l’Unité anticollusion claironne qu’une telle enquête est urgente. Mieux encore quand il ajoute « qu’elle sera utile pour redresser les problèmes devenus structurels dans l’industrie de la construction ».M. Duchesneau a même dicté la marche à suivre allant jusqu’à suggérer le processus de nomination du président d’une telle commission, en confiant son choix à l’Assemblée nationale. C’est presque trop beau, on le dirait en service commandé.Ce qui m’incite à croire que les libéraux opéreront bientôt un spectaculaire revirement et qu’on annoncera le cadre d’une commission qui sera assurément aussi spectaculaire et suivie que la Commission Gomery, et moins soporifique que la Commission Bastarache. S’il est beaucoup trop tôt pour spéculer sur ses conclusions ou son utilité, on sera unanime à dire qu’elle fera sans aucun doute maintenant plus de bien que de mal. Et ce n’est pas Jean Charest qui le dit, mais Jacques Duchesneau.Et au chapitre de l’estime populaire, le second a une bonne longueur d’avance sur le premier. Alors, à quand l’annonce d’une enquête publique? Avant ou après Noël?Les paris sont ouverts. Prière de ne pas envoyer d’enveloppes brunes!

M.B.

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