10 septembre 2015
Un peu de transparence ne ferait pas de tort
Par: Martin Bourassa

Le dossier du centre de congrès de Saint-Hyacinthe vient de franchir une étape importante avec l’octroi d’un mandat de 880 000 $ à la firme Neuf Architect(e)s de Montréal pour la réalisation du concept architectural.

C’est le premier pas significatif et ­financièrement engageant vers la ­livraison d’un centre de congrès et d’un hôtel de luxe pour septembre 2017.

Pour ce que nous avons été à ­même d’apprécier en consultant les sites ­Internet et les réalisations passées des cinq firmes intéressées, la Ville de ­Saint-Hyacinthe a fait un bon choix. Il s’agit d’une firme reconnue et ­respectée, et qui possède une expertise certaine dans le secteur de l’hôtellerie de luxe. Elle ne se servira pas de Saint-­Hyacinthe comme d’un tremplin. La Ville n’a donc pas refait deux fois la même erreur, dans la mesure où ­vous considérez comme nous qu’elle n’avait peut-être pas fait le choix le plus judicieux qui soit ­avec son centre aquatique. Point de controverse ici ­dans le choix du ­soumissionnaire retenu, qui avait du reste présenté l’offre la plus abordable. Il est donc permis de croire que le dossier part sur des bases solides.

Nous aimerions en dire autant de tout le reste du projet. Nous en avons tout ­particulièrement sur le peu ­d’informations rendues disponibles à ce jour par la Ville de Saint-Hyacinthe. Vu ­l’importance du projet et de ­l’investissement d’argent public qu’il commande, on pourrait certes ­s’attendre à un peu plus de transparence.

On a beau prétendre que c’est un projet fort complexe et qu’il y a encore des ­ficelles à attacher, on aurait tort de ­penser que les Maskoutains ne se ­préoccupent pas des détails et de ­l’impact de tout cela sur leur compte de taxes. Les placer devant le fait accompli n’est peut-être pas la stratégie la plus ­avisée qui soit.

Parmi les choses que l’on sait avec ­certitude à ce stade-ci, c’est que la Ville a conclu une entente de principe avec les centres d’achats Beauward pour la ­réalisation du centre de congrès et de l’hôtel de luxe. Quelles sont les clauses et les obligations, le mystère persiste. On nous avait également dit dès ­l’annonce du projet que la Ville ­souhaitait impérativement acheter le ­terrain sur lequel elle construirait son centre de congrès. Mais nous avons révélé en exclusivité le 27 août que ce ne sera pas le cas.

La Ville a dû se résoudre à négocier un bail emphytéotique de 40 ans avec Beauward. Pourquoi ce changement de stratégie? Pourquoi 40 et non 60 ans comme c’est le cas pour les glaces privées de Syscomax (Isatis)? La Ville refuse de s’expliquer à ce sujet, se limitant à dire qu’elle donnera l’échéancier et le nom de la bannière au moment opportun, quand toutes les autorisations préalables ­auront été reçues.

Merci, mais les lecteurs assidus du COURRIER connaissent déjà tous les détails de l’échéancier. Quant au nom de la bannière, ce n’est pas une information aussi pertinente que de connaître les ­détails du montage financier, du plan d’affaires, des projections financières et de l’impact anticipé sur notre compte de taxes.

Dans la mesure où des sommes ­substantielles ont déjà été engagées, il serait bon de s’attarder au financement du projet. Si un règlement d’emprunt est prévu, est-il exclu de penser qu’il pourrait être bloqué par des contribuables peu convaincus par ses retombées ou bien déçus par l’arrangement négocié avec Beauward?

S’il y a des risques d’avoir des bâtons dans les roues, autant le savoir avant ­d’attribuer d’autres contrats, non? Au lieu de chercher à savoir qui coule des ­informations au COURRIER, le maire Corbeil aurait tout intérêt à mettre les cartes sur table et à exposer son plan aux Maskoutains. ­Malheureusement, il semble se ­complaire pour ­l’instant dans le contrôle de l’information. Peut-être a-t-il travaillé trop ­longtemps au défunt CLD.

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