16 avril 2020
Soins palliatifs
Un peu d’humanité réclamée à l’Hôtel-Dieu par une famille
Par: Rémi Léonard

Faire ses adieux en personne à un proche en fin de vie, c’est la simple volonté de Louise Tessier, qui tente par tous les moyens d’obtenir le droit de visiter son père aux soins palliatifs de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, malgré la situation exceptionnelle causée par la COVID-19.

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Son combat s’allonge depuis de nombreux jours maintenant, même si sa situation semble pourtant correspondre aux exceptions évoquées par le premier ministre François Legault dans ses adresses quotidiennes. « Je ne priverai pas un enfant d’aller voir, pour la dernière fois, l’un de ses parents qui est en fin de vie », avait-il déclaré dès le 16 mars. Sauf que cette déclaration ne reste que « des belles paroles » pour Louise Tessier, qui tente toujours de naviguer à travers des directives officielles changeantes.

Si les visites pour des « raisons humanitaires », comme une situation de fin de vie, sont effectivement permises, ce n’est qu’au moment où le patient est à l’étape de « mort imminente », a-t-on expliqué à Mme Tessier. Au départ, on lui parlait de 24 à 48 h, puis la définition s’est entre temps élargie à 14 jours. La résultante reste la même : on ne lui a pas accordé de visite à ce jour. Elle se demande d’ailleurs comment on peut prédire avec certitude le moment de la mort de son père, atteint du cancer. En attendant, « son état dépérit et il se sent seul », se désole-t-elle, craignant de laisser passer les derniers instants de lucidité qu’il lui reste.

C’est d’autant plus pénible pour sa mère, qui réside plus près de l’établissement, mais qui ne peut pas non plus aller voir l’homme qui partage sa vie depuis toujours. « Ils se sont connus à 13 ans. Ils ont passé leur vie ensemble. Maintenant que leur histoire se termine, ce serait triste qu’ils ne puissent pas vivre ensemble le départ de l’un d’eux », a témoigné Louise Tessier.

Elle ajoute ne pas avoir de problème avec les règles strictes qui doivent s’appliquer, comme d’y aller une personne à la fois et de porter des gants et un masque. Tout ce qu’elle demande, c’est que le système trouve le moyen « d’agir de façon humaine ».

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