5 novembre 2015
Brûlé : un chef sous pression
Un plat un peu trop cuit
Par: Sarah Daoust Braun
Les Films Séville

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Trop salé, trop cuit, pas assez assaisonné :

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Pour poursuivre le jeu de la comparaison, la dernière offrande de John Wells ­(August : Osage County) se rapproche ­davantage d’une pizza congelée qu’on fait cuire en revenant de travailler que du menu du restaurant Toqué!.

Et pour cause, une histoire de rédemption archi mâchée : le chef Adam Jones (Bradley Cooper), ex « enfant terrible » de la cuisine parisienne, laisse derrière lui la drogue et l’alcool et se met en quête d’ajouter une troisième étoile du Guide Michelin à son arc, rien de moins. Pour y arriver, il s’installe à Londres, fait équipe avec son ami Tony (Daniel Brühl) qui ­possède un restaurant hôtelier, et s’entoure de la meilleure brigade à laquelle se greffe la belle Hélène (Sienna Miller).

Comme de fait, on peut déjà deviner la tournure des événements de cette comédie dramatique sentimentale mièvre qui aurait pu se transposer ailleurs qu’en ­cuisine. Presque tout dans Brûlé : un chef sous pression est cliché : la quête ­initiatique du personnage principal qui doit vaincre ses démons intérieurs, tout comme ses ennemis du passé, la ­prévisible histoire d’amour et le pouvoir des deuxièmes chances.

L’interprétation sans nuances de ­Bradley Cooper n’atténue en rien ce bal des lieux communs. Imbu de lui-même, impatient, sans cesse sur le dos de ses cuisiniers, le mégalo Adam Jones est la caricature parfaite de Gordon Ramsay, le célèbre chef britannique connu pour piquer de nombreuses crises à la télé.

Difficile de combler sa faim avec ce long-métrage qui ne passera pas à ­l’histoire, mais au moins l’appétit est ­(littéralement) attisé grâce aux viandes, garnitures, légumes et autres préparations qui défilent à l’écran. L’art de la ­gastronomie et du stylisme culinaire est honorablement révélé par une facture ­visuelle colorée et dynamique.

Sans originalité et maladroit, le plat servi est au final un peu trop cuit, au goût plutôt fade.

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