30 avril 2020
Hôtel-Dieu
Un premier résident et un employé infectés
Par: Maxime Prévost Durand

Un premier résident du Centre d’hébergement de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe a reçu un diagnostic positif à la COVID-19 dans les derniers jours. Et au moins un employé a aussi été infecté.

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Selon nos informations, le résident en question se trouvait sur l’unité des Moissons. À la suite du diagnostic positif, reçu au milieu de la semaine dernière, il a été transféré sur l’unité du Parc, où une zone chaude fermée avait été créée il y a quelques semaines.

Un dépistage massif s’en est suivi, tant auprès des résidents de cette unité qu’au sein du personnel qui travaille sur cet étage. L’ensemble des résidents a reçu un diagnostic négatif au test, mais l’exercice a permis de détecter une personne infectée parmi les employés, a indiqué au COURRIER le conseiller aux relations médias et ministérielles du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Est, Hugo Bourgoin. D’autres résultats étaient attendus au cours des prochains jours.

Depuis le début de la crise, huit résidents d’autres ressources (résidences privées pour aînés ou ressources intermédiaires) qui sont atteints de la COVID-19 ou suspectés de l’être ont été transférés sur l’unité du Parc de l’Hôtel-Dieu pour y être mis en isolement.

Dans sa précédente édition, LE COURRIER rapportait aussi que le personnel de l’Hôtel-Dieu continuait d’être appelé à travailler à la fois dans les zones chaudes et dans les zones froides d’une journée à une autre, comme l’ont témoigné certaines préposées aux bénéficiaires, sous le couvert de l’anonymat, par peur de représailles de l’employeur.

Cette situation ne devrait plus perdurer, avait affirmé M. Bourgoin, vendredi dernier. « Nous mettons actuellement sur pied une équipe volante de personnel qui ne se déplacera qu’en zones chaudes. »

Le conseiller en relations médias du CISSS de la Montérégie-Est a du même coup assuré que « les besoins en personnel sont bien comblés au Centre d’hébergement de l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe ».

Quant au résident infecté, il s’agit du premier cas à être confirmé parmi les quelque 400 résidents qui séjournaient à l’Hôtel-Dieu, l’un des plus importants CHSLD au Québec, avant le début de la crise.

Le CISSS de la Montérégie-Est n’était pas en mesure de dévoiler de quelle façon ce résident a été infecté.

« Une étude épidémiologique est en cours pour déterminer de quelle façon ce résident a été infecté », a fait savoir M. Bourgoin.

Inquiétude chez le personnel

Signe que la pression continue de monter dans le milieu de la santé, des préposées aux bénéficiaires et des infirmières de l’Hôtel-Dieu et de l’Hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe ont témoigné de l’inquiétude qui les gagne depuis les derniers jours.

Certaines ont décrié le fait qu’il peut toujours leur être imposé de travailler une journée en zone chaude et la suivante en zone froide.

« Je trouve que cela est un grand manquement envers la sécurité de nos personnes âgées, qu’on désire tant sauver », a écrit une préposée aux bénéficiaires, dans une lettre transmise au COURRIER.

Celle-ci dit se lever chaque jour avec un stress immense d’être transférée là où il y a des cas de COVID-19, de peur d’être contaminée et de transmettre le virus à son enfant dont la santé est plus fragile. « Je trouve cela dégueulasse – excusez-moi le mot – de nous envoyer obligatoirement en zone chaude. Certaines personnes sont apeurées. »

Il a également été rapporté que certaines employées ont été obligées de quitter l’endroit où elles pratiquent habituellement pour aller prêter main-forte dans des résidences – à Longueuil notamment – où le manque de personnel était criant et que des amendes de plus de 1000 $ pouvaient leur être imposées en cas de refus.

À ce sujet, M. Bourgoin mentionnait la semaine dernière que le CISSS de la Montérégie-Est tentait de stabiliser les ressources autant que faire se peut.

« Les mesures sont en évolution constante selon l’état de la situation afin de maximiser la stabilité des ressources recherchées entre les différents secteurs, affirmait-il. L’objectif est évidemment d’assurer des soins et des services sécuritaires dans le contexte exceptionnel et d’urgence en lien avec la COVID-19. Notre établissement s’assure, autant que possible, d’une stabilité des ressources humaines à l’intérieur d’un même service ou unité. Nous prenons tous les moyens à notre disposition pour minimiser les impacts pour notre personnel et assurer leur sécurité ainsi que celle de nos usagers. »

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