5 avril 2012
Industrie du karité au Mali
Un Présentatinnois à Bamako
Par: Jean-Luc Lorry
Francis Beauregard aide à la préparation du savon traditionnel fabriqué à base d'huile de karité dans un village situé dans la partie sud du Mali.

Francis Beauregard aide à la préparation du savon traditionnel fabriqué à base d'huile de karité dans un village situé dans la partie sud du Mali.

Jeune ingénieur dans le secteur agroalimentaire, Francis Beauregard, originaire de La Présentation, a posé ses valises il y a six mois dans la capitale malienne de Bamako.

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Pour acquérir une expérience sur la scène internationale, Francis Beauregard avait déposé sa candidature auprès de la Société de coopération et de développement international qui lui a proposé un stage dans la filière du karité au Mali.

Dans ce pays continental d’Afrique de l’Ouest, la production nationale de karité oscille entre 45 000 et 50 000 tonnes d’huile par an. « Les fluctuations importantes du prix du coton ces dernières années ont forcé la diversification de la production agricole afin d’assurer un développement économique durable. L’attention s’est donc tournée vers le karité, un fruit avec un fort potentiel de développement », indique M. Beauregard lors de courriels échangés avec LE COURRIER. L’huile de karité extraite du noyau est utilisée traditionnellement dans la préparation des aliments et dans la fabrication de savons ou de produits thérapeutiques.« Les multinationales chocolatières utilisent le beurre de karité comme substituant au beurre de cacao, car ses propriétés physico-chimiques font de lui une excellente graisse végétale », explique M. Beauregard.Le mandat de ce jeune ingénieur alimentaire est d’aider des femmes transformatrices de karité à devenir plus productives et d’améliorer les aménagements de deux coopératives.« Lorsqu’on vous oblige à travailler dans une autre langue et avec des femmes analphabètes, on comprend rapidement l’ampleur du défi », estime M. Beauregard.

Choc culturel

Le Mali est une ancienne colonie française qui se démarque par sa diversité culturelle, la population se divise en plus de 13 ethnies, et par son attachement aux traditions.

Musique mandingue, habillement traditionnel en bogolan, danse rythmée au son du djembé, cinq prières par jour et riz gras font partie du quotidien de Francis Beauregard. « Si un étranger vous salue, vous devez engager la conversation même si vous êtes en retard au boulot. » Finalement, cet ingénieur ne regrette pas cette expérience à l’étranger qui a permis d’ouvrir ses horizons. « Je crois qu’il est essentiel aujourd’hui pour intégrer le marché du travail d’avoir une expérience à l’international. Toutefois, ce stage ne changera pas mes plans d’avenir, car je sais que ma place est au Québec », considère Francis Beauregard qui sera de retour au pays début avril.

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