28 novembre 2019
Création originale et collaboration avec la France
Un projet inédit pour l’École de théâtre
Par: Maxime Prévost Durand

Création originale de l’auteur Martin Bellemare, la pièce L’Échelle est présentée sous la forme d’une charade et amène à s’interroger sur la place du réel dans nos vies. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Sur la photo, les étudiants français de l’école La Comédie de Saint-Étienne, Djamil Mohamed et Élise Martin (aux extrémités), ainsi que les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, Léa-Maude Labrecque et Dominik Dagenais (au centre), en compagnie du metteur en scène Mario Borges. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Un ambitieux projet anime les finissants de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe ces jours-ci. Dans une collaboration avec cinq étudiants français, de l’école La Comédie de Saint-Étienne, ils mettent la touche finale à leur deuxième pièce de la saison, L’Échelle, une création originale commandée à l’auteur Martin Bellemare qui sera jouée d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

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« C’est un projet extrêmement important et majeur qui se déploie, autant ici qu’à l’étranger, en compagnie de La Comédie de Saint-Étienne », s’est exclamé l’enseignant Mario Borges, qui signe la mise en scène de L’Échelle.

C’est la première fois qu’un tel projet est mis de l’avant par l’institution maskoutaine. Certains étudiants de l’École de théâtre avaient eu l’occasion de vivre une expérience hors Québec dans le passé, mais jamais une cohorte entière de finissants n’avait eu l’opportunité de participer à une telle collaboration.

En plus d’être présentée au Cégep de Saint-Hyacinthe du 3 au 7 décembre, la pièce sera jouée à Saint-Étienne du 17 au 19 décembre. Pour l’occasion, un décor sera érigé ici par l’équipe de production théâtrale, puis celui-ci sera ensuite reproduit et aménagé par les étudiants de La Comédie pour les représentations en France.

Une expérience riche

Pour tout ce groupe d’étudiants, une telle expérience entre le Québec et la France s’avère précieuse dans leur parcours académique.

« C’est une collaboration riche et fructueuse pour eux, il y a une émulation qui se crée, a souligné Mario Borges. Automatiquement, il y a des approches différentes entre leur manière de travailler et la nôtre, ça donne deux réalités qui se rencontrent, mais qui s’additionnent et qui se nourrissent l’une et l’autre. »

L’exercice permet justement aux étudiants d’être en relation avec d’autres manières de travailler, les invitant même à s’en inspirer. « Les Français ont une façon plus textuelle d’approcher le texte, avec des trucs que, nous, on n’avait pas vus au départ », a noté la finissante du Cégep de Saint-Hyacinthe Léa-Maude Labrecque.

« L’expérience est très enrichissante, a ajouté son homologue français, Djamil Mohamed. C’est vraiment différent, la rencontre dans le jeu et la façon d’être dirigé ici. Ça nous nourrit en tant qu’acteur. »

Un long processus

Puisqu’il s’agit d’une création originale, le processus pour L’Échelle a été bien différent de toutes les autres pièces habituellement proposées par les finissants de l’École de théâtre.

Un texte a d’abord été commandé à l’auteur Martin Bellemare il y a plus d’un an, puis, en avril, une première étape de laboratoire intensif a réuni les étudiants français à ceux du Cégep de Saint-Hyacinthe au Québec.

La cohorte maskoutaine s’est ensuite envolée pour la France durant l’été pour poursuivre le travail pendant deux semaines avec leurs nouveaux camarades, puis les Français sont revenus à Saint-Hyacinthe le 11 novembre pour la suite et la fin du processus, avant que la pièce ne soit présentée au début décembre.

Une charade

L’Échelle est une pièce présentée sous la forme d’une charade, sans personnage, simplement avec des prises de paroles concernant la société et la condition de l’humanité. Les comédiens ont donc dû s’approprier le texte, lequel a été écrit à partir de sujets actuels qui les touchent, tant d’un côté de l’océan que de l’autre, ce qui a eu pour effet de rapprocher les étudiants.

« Ça donne des enjeux générationnels qui nous frappent et on remarque beaucoup plus nos ressemblances [avec les Français] que nos différences dans ce projet-là, avec les angoisses qu’on a par rapport à la société, à l’économie ou à l’environnement », a soutenu le finissant Dominik Dagenais.

« C’est un spectacle chorale qui marche beaucoup par la force du groupe, a renchéri l’étudiante française Élise Martin. Il y a cette puissance qu’est un groupe qui prend la parole, mais aussi ce que sont les individus dans ce groupe. » Les représentations maskoutaines de L’Échelle se dérouleront du mardi 3 décembre au samedi 7 décembre à la salle Léon-Ringuet du Cégep de Saint-Hyacinthe. Il est possible de réserver des billets au 450 773-6800 poste 2408 au coût de 10 $ (5 $ pour les étudiants).

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