26 décembre 2013
Conditions météo déchaînées
Un rappel de la crise du verglas
Par: Le Courrier

Dame Nature s’est offert une entrée remarquée pour la première fin de semaine de la saison hivernale, laissant s’abattre sur la province un mélange de neige, de grésil et de pluie verglaçante, au grand dam des citoyens.

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Même si l’épaisse couche de givre a rendu difficile la circulation des automobiles et des piétons au cours des derniers jours, le météorologue Michel Morissette souligne que « Saint-Hyacinthe peut s’estimer chanceuse ».

Sur une possibilité de 60 mm de pluie verglaçante, seuls 5 mm sont tombés sur la ville, auxquels se sont ajoutés 35 cm de neige et grésil. La pire journée de la tempête, débutée vendredi avec 14 cm de neige, a été celle de dimanche alors que les précipitations solides ont totalisé 15 cm, en plus de la pluie verglaçante. Sans le grésil, le double de la quantité de neige se serait abattu sur la région pour dimanche et pour l’ensemble de la fin de semaine.« En hauteur, nous avons reçu 35 cm, mais c’est parce que le grésil est une forme de neige compactée. Pour les déneigeurs, les précipitations représentent un déplacement équivalent à une tempête de 61 cm », explique le météorologue. Les sorties de route ont d’ailleurs été nombreuses durant les trois journées infernales, comme l’indique la porte-parole de la Sûreté du Québec, Joyce Kemp. Les déplacements des automobilistes ont été grandement compliqués par la chaussée glissante et la visibilité réduite. Ce mélange de précipitations s’est formé après qu’un courant d’air chaud en provenance des États-Unis ait rencontré le courant d’air froid surplombant le Québec. « Nous avons tiré le meilleur de cette situation, car s’il n’y avait pas eu le courant froid, ce sont 60 mm de pluie verglaçante qui se seraient abattus sur Saint-Hyacinthe et s’il n’y avait pas eu le courant chaud, ça aurait plutôt été 60 cm de neige », soutient M. Morissette.

Rappel du verglas

Pour de nombreux citoyens, ce cocktail météo n’était pas sans rappeler la crise du verglas de 1998 avec son paysage frigorifié.

« Au niveau de la circulation des dépressions, nous avons vécu la même situation qu’au cours du verglas. Les courants d’air quittaient le sud des États-Unis pour remonter la côte Est vers la Nouvelle-Angleterre », souligne Michel Morissette, en ajoutant qu’il s’agit de la pire tempête depuis l’an dernier. Contrairement à la catastrophe de 1998, la région de Saint-Hyacinthe n’a pas été plongée dans une grande noirceur. D’après Geneviève Dufort, conseillère en relation avec le milieu pour Hydro-Québec, un seul abonné résidant sur le territoire de la MRC des Maskoutains était privé de courant lundi matin. Son domicile est situé dans le village de Saint-Simon. À travers la Montérégie, 14 700 foyers attendaient toujours le retour de l’électricité en début de semaine.

Opération déneigement

La Ville de Saint-Hyacinthe s’assure de maintenir le réseau routier et piétonnier en état, même si la pluie verglaçante de dimanche a complexifié la tâche.

Plus d’une trentaine d’employés municipaux s’affairent à apposer la signalisation, à tasser et à charger la neige aux quatre coins de la ville depuis les derniers jours. « La priorité a été accordée aux écoles, au système de santé de même qu’aux trottoirs. Entre 85 et 90 % de tous les trottoirs de Saint-Hyacinthe ont été déneigés et déglacés jusqu’à maintenant [lundi]. La neige a été chargée sur les rues Sainte-Anne et Saint-Pierre et le déneigement des autres artères principales devrait être complété cette nuit [lundi] », affirme Caroline Nadeau, responsable des communications pour la Ville de Saint-Hyacinthe. L’opération de déneigement devrait s’achever d’ici aujourd’hui ou demain, mais pourrait s’étirer jusqu’à la semaine prochaine selon les précipitations.

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