14 mai 2015
Un spa thermoloufoque?
Par: Martin Bourassa
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L’information voulant qu’un ­promoteur français songe à ­établir un centre thermoludique de 65 M$ au Québec, et possiblement à Saint-Hyacinthe, a fait grand bruit chez nous. Il faut dire qu’elle avait été ­habilement coulée aux médias ­maskoutains par le Groupe Robin, l’un des ­partenaires potentiels de cette aventure.

Ne nous y trompons pas. Il s’agit d’une tentative désespérée du Groupe Robin pour créer un buzz et court-circuiter l’entente entre la Ville de Saint-Hyacinthe et les centres d’achat Beauward pour la ­construction d’un hôtel et d’un centre de congrès.

Une entente qui est sur le point d’être ­signée et consommée. Il n’est pas minuit moins cinq pour Robin afin de renverser la vapeur, il est minuit et quart!

Au cas où cela vous aurait échappé, Robin ne cherche nullement à rehausser le futur centre de congrès et l’hôtel quatre étoiles prévus dans la cour des Galeries. Ce que ­souhaite Robin, c’est mettre la main sur la tarte au complet. Le fameux spa en question ferait en effet partie d’un complexe intégré avec hébergement, congrès et soins de ­santé. C’est du moins de cette façon que le projet est présenté et que ces complexes thermoludiques se développent en Europe ces dernières années.

Vous pouvez donc oublier une relance du tourisme d’affaires qui prendrait la forme d’une coopération entre deux promoteurs locaux et une navette entre deux pôles, l’un voué au congrès et à l’hébergement et un autre voué au divertissement.

Coincée, la Ville n’a eu d’autre choix que de recevoir l’architecte du projet à la ­demande du Groupe Robin et de lui ­dérouler le tapis rouge, malgré l’aura de mystère qui entoure ce projet et son ­financement pour le moins suspect à ce stade-ci.

Qui sont les promoteurs qui souhaitent investir 65 M$ dans un tel projet? Et à quoi ressemblerait la participation de la Ville? Se limiterait-elle à fournir un terrain qu’elle devrait acheter du Groupe Robin? Si tel est le cas, la Ville n’a d’autre choix que de prêter une oreille attentive au promoteur et de faire attendre Beauward. Des millions de dollars sont en jeu et le feu n’est quand même pas pris à Saint-Hyacinthe.

D’un autre côté, il faut aussi se demander s’il est réaliste de voir un tel projet se réaliser en sol maskoutain, coincé entre ­l’autoroute 20 et l’usine de biométhanisation. Disons que l’image est loin d’être ­bucolique. On est loin de Bolton ou ­d’Andorre.

Si vous aviez 65 M$ à investir dans un ­complexe thermoludique et de congrès au Québec, à quel rang arriverait la région ­maskoutaine sur votre courte liste de sites potentiels? Avant ou après Les Laurentides, Québec, l’Estrie ou Charlevoix?

C’est dommage pour le Groupe Robin, mais cette proposition tardive semble presque trop alléchante pour être vraie. À moins que l’architecte ne débarque à l’Hôtel de Ville avec des garanties béton et des ­valises pleines d’argent. C’est la seule façon qu’il peut espérer ébranler les certitudes de la Ville. Avec un montage financier concret, vérifiable et solide, et non uniquement avec de belles images insérées dans un PowerPoint.

Vu les nombreuses zones grises qui ­subsistent, nous vous recommandons ­d’attendre encore un peu avant d’acheter votre maillot de bain…

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