7 novembre 2013
Un vent de fraîcheur
Par: Martin Bourassa
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Un vent de changement a soufflé fort sur Saint-Hyacinthe, dimanche soir. Un vent qui a porté Claude Corbeil à la mairie et qui laisse présager qu’un vent de fraîcheur sera perceptible à tous les niveaux. À la Ville comme à la MRC.

Il n’est pas trop fort de parler d’exploit quand on analyse la victoire de Claude Corbeil. Sa victoire est claire et nette, mais elle était loin de lui être acquise aussi facilement en début de campagne, vu la concurrence féroce.Considérant l’énergie et les moyens déployés, Gaston Vachon n’a certes pas connu une soirée à la hauteur de ses attentes. Mais qu’il se console, il a été battu par un homme qui semble mieux préparé et mieux outillé que lui à occuper cette fonction.Pour ma part, c’est Claude Corbeil qui m’avait le plus impressionné lors des entrevues-confessions réalisées en début de campagne avec les trois candidats.Je croyais par contre que la machine politique de M. Vachon pourrait lui donner les clés de l’hôtel de ville. C’était cependant sous-estimer l’envie de changement des Maskoutains qui voyaient davantage en M. Vachon le candidat de la continuité.Quant à M. Rhéaume, il n’a certes pas à rougir de sa performance que je qualifierais de surprenante. Il a chauffé M. Vachon au terme d’une campagne de peu de moyens et non traditionnelle. Il semble avoir grugé pas mal dans le bassin d’électeurs qui autrement aurait pu servir la cause de M. Vachon.Cela dit, la victoire de Claude Corbeil est amplement méritée et donne à la Ville de Saint-Hyacinthe un maire au profil agricole. Voilà qui fait voler en éclats le vieux mythe voulant que les gens de la vieille ville n’éliraient jamais un maire issu de la campagne ou de la ceinture verte. Il s’agit peut-être du premier signe concret d’une fusion municipale réussie. Si fusionner des territoires est facile, réussir à amalgamer des mentalités autour d’une vision commune est un défi beaucoup plus ardu.Il sera aussi intéressant de voir comment l’arrivée de M. Corbeil à la MRC sera perçue par les maires des municipalités rurales qui auront certainement plus d’atomes crochus avec le nouveau maire de la Ville-Centre qu’avec l’ancien. Surtout que Claude Corbeil s’est dit favorable à l’idée de soustraire le Centre des arts de la liste des équipements supralocaux. Gageons que ses collègues de la MRC en ont pris bonne note. Ces bons sentiments sont annonciateurs de relations plus harmonieuses à la table de la MRC.Là où les relations pourraient devenir plus tendues, c’est avec le député péquiste du comté. Pour la première fois en plus de 20 ans, Saint-Hyacinthe a un maire aux couleurs franchement libérales. Sans en faire une guéguerre politique, gageons que M. Corbeil ne se gênera pas pour inviter son député à s’activer davantage sur certains dossiers et même pour le ramener à l’ordre au besoin. Enfin, le nouveau maire promet de la transparence et des réponses à toutes les questions. C’est bon à entendre.Espérons qu’il restera aussi accessible et disponible pendant quatre ans.On aura bien assez vite l’occasion de le mettre à l’épreuve.

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