14 juillet 2011
Projet de relance de l'usine Olymel de Saint-Simon
Un véritable torchon selon le syndicat
Par: Nicolas Dubois

Un ancien représentant du Syndicat des travailleurs d’Olympia (CSN) qualifie de « véritable torchon » la proposition de relance de l’usine Olymel de Saint-Simon. Une proposition dérisoire et vague, où l’entreprise en profitait pour se dégager de ses obligations juridiques, soutient-il.

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« Olymel a beau dire que le projet est mort dans l’oeuf par notre faute, mais le petit poussin dans l’oeuf était déjà mort avant même de nous être présenté », a affirmé Jean-Pierre Goupil, un ex-travailleur de Saint-Simon et ancien représentant syndical.

Selon ce dernier, l’entreprise aurait offert 2,5 millions de dollars pour que le syndicat abandonne l’ensemble des griefs déposés contre elle. Les ex-travailleurs auraient refusé, estimant qu’une compensation raisonnable serait de l’ordre de 9 millions de dollars. « Ils ne veulent pas régler le passé. Dans notre âme et conscience, on ne pouvait pas accepter un torchon pareil. Lors de l’assemblée des travailleurs, je n’ai pas vu un seul membre voter pour le projet », a ajouté M. Goupil.Selon ce qu’a appris LE COURRIER, Olymel souhaitait utiliser l’usine de Saint-Simon pour en faire un centre de distribution et d’entreposage de viande, ainsi qu’un centre de découpe et de désossage de bovins.Les rumeurs persistantes à l’effet qu’Olymel avait conclu une entente avec le gouvernement du Québec et la Fédération des producteurs bovins du Québec pour reprendre une partie des activités du seul abattoir de bovins au Québec, l’abattoir Colbex-Levinoff, près de Drummondville, étaient bel et bien fondées. On ignore cependant les détails précis de cette entente. Il s’agissait d’un contrat de service dans lequel Colbex-Levinoff aurait loué une partie de l’usine de Saint-Simon. Les opérations auraient été supervisées par Olymel. Depuis l’échec des pourparlers entre le syndicat et l’employeur, la direction d’Olymel a affirmé que l’entreprise irait de l’avant avec son projet, mais dans un autre établissement.L’entreprise proposait d’engager de 20 à 25 personnes au centre de distribution et une centaine d’employés pour la découpe et le désossage des boeufs à Saint-Simon au terme d’un investissement de 16 M$ à l’usine de Saint-Simon, selon nos informations. Les salariés auraient été divisés en deux unités syndicales distinctes. Les ex-travailleurs devaient aussi se soumettre à un examen médical avant de pouvoir reprendre le travail. Jean-Pierre Goupil estime que les syndiqués ne sont pas responsables de l’échec du projet de relance. En réponse aux critiques voulant que le syndicat ait saboté une centaine d’emplois dans la région, M. Goupil rétorque qu’Olymel voulait réaliser son projet « sur le dos et aux frais » des ex-employés.

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