27 décembre 2018
Une autre acquisition municipale au centre-ville
Par: Rémi Léonard

La plus récente acquisition de la Ville de Saint-Hyacinthe au centre-ville. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le conseil municipal a entériné le 17 décembre une nouvelle acquisition réalisée en bordure de la promenade Gérard-Côté, à la même séance où la densification du centre-ville a suscité une avalanche de réactions citoyennes.

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Même si la propriété en question, située au 133-137, avenue Saint-Simon, se trouve dans la nouvelle zone d’affectation où les immeubles de huit étages sont dorénavant permis, il n’est pas question pour la Ville de refiler le terrain à un promoteur immobilier, a promis le directeur général Louis Bilodeau. « Quand on est dans l’acquisition de propriétés en bordure de rivière, ça n’a qu’un seul objectif, c’est de donner davantage d’amplitude à la promenade », a-t-il répondu à une citoyenne, confirmant que l’endroit deviendra un espace vert. La Ville a déboursé 335 000 $ pour devenir propriétaire de cet immeuble évalué à 250 000 $.

À cette même soirée, le maire Claude Corbeil a livré lors de sa présentation la vision du conseil quant à la démarche de revitalisation à opérer au centre-ville. En s’inspirant de projets « qui créent de la beauté, des environnements de qualité et de la richesse », les élus misent sur la nouvelle promenade Gérard-Côté pour « générer de très nombreux investissements privés à proximité », a expliqué Claude Corbeil. « Voilà le rôle de la Ville : investir dans les infrastructures publiques pour le bien collectif », a-t-il affirmé. Rappelons que la priorité des élus se veut la réalisation d’une place publique derrière le Centre des arts Juliette-Lassonde.

Ce sera ensuite aux promoteurs privés d’acquérir les terrains nécessaires à leurs projets respectifs, et aucun propriétaire ne sera forcé de vendre, a assuré le maire à quelques reprises. « Vous êtes chez vous », a-t-il indiqué aux propriétaires inquiets.

Dans les esquisses présentées, un terrain appartenant à la Ville reste toutefois disponible à la construction derrière le Centre des arts, où se trouve présentement un stationnement municipal. M. Bilodeau a situé la future Place des spectacles qui y serait aménagée entre les avenues Sainte-Anne et Saint-Joseph, ce qui n’inclut pas l’espace situé juste derrière les résidences de l’avenue Saint-François. Dans les plans présentés par la firme Daoust Lestage, un immeuble mixte de six étages y était proposé, mais il ne s’agissait que d’un simple concept, avait alors affirmé la Ville.

Densification pour tous

Conscient des « craintes liées à l’embourgeoisement du centre-ville », le maire a pris le 17 décembre l’engagement de « revenir dans la prochaine année avec une proposition innovante en matière de logements abordables ». Un peu plus tard, le conseiller David Bousquet, également président de l’Office d’habitation des Maskoutains et d’Acton, a rappelé que la nouvelle zone de densification inclut plusieurs immeubles appartenant à l’Office. Pour les projets à venir (après Le Concorde), « notre préoccupation sera éventuellement de densifier ces terrains-là pour augmenter le nombre de logements sociaux et abordables », a-t-il indiqué.

Le comité consultatif d’urbanisme de la Ville a aussi été présenté lors de cette soirée comme un bon moyen d’encadrer l’éventuelle densification du centre-ville. Malgré les changements permettant de construire des immeubles en hauteur, « tout projet de rénovation, agrandissement ou construction nouvelle » devra passer par ce comité, puis le conseil pour assurer notamment un contrôle architectural, a indiqué Danny Gignac, du service de l’urbanisme de la Ville. « Advenant le cas où un projet de huit étages engendre des nuisances pour les secteurs avoisinants, en créant de l’ombrage par exemple, on a un droit de regard » pour exiger des modifications, a-t-il expliqué, parlant d’un « outil très utile qui permet de faire des miracles ».

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