17 août 2017
Fin de O en art
Une autre galerie ferme ses portes
Par: Olivier Dénommée
Manon Tétreault travaille sur une série sur les chevaux en vue d’un symposium à Bromont et prépare la fermeture de sa galerie durant le mois de septembre. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Manon Tétreault travaille sur une série sur les chevaux en vue d’un symposium à Bromont et prépare la fermeture de sa galerie durant le mois de septembre. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Manon Tétreault travaille sur une série sur les chevaux en vue d’un symposium à Bromont et prépare la fermeture de sa galerie durant le mois de septembre. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Manon Tétreault travaille sur une série sur les chevaux en vue d’un symposium à Bromont et prépare la fermeture de sa galerie durant le mois de septembre. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Quatre ans après son ouverture et moins d’un an après le changement de cap complètement local de O en art, la propriétaire Manon Tétreault doit mettre fin à son rêve en fermant sa galerie, située sur la rue des Cascades. 

La décision de Mme Tétreault et de ses partenaires (Ginette Berthiaume, Francine DeBlois, Denise Girard, Manon Marchand et Yves Morier) n’a pas été facile à prendre, d’autant plus qu’un vernissage était déjà annoncé en septembre pour lancer la nouvelle saison d’activités. Le peu de retombées des événements organisés par O en art et les coûts liés à la galerie ont fait pencher la balance.
« Au dernier événement du 12 juillet [une conférence sur l’histoire de la danse en lien avec les arts visuels précédée d’une performance d’un groupe de l’école Hipnoze], il n’y a eu pratiquement personne. Quelques personnes se sont arrêtées pendant la performance de danse, mais sans plus », a remarqué Manon Tétreault. Plusieurs événements, souvent sous forme de conférences gratuites, avaient pour but d’attirer le public dans la galerie au courant de la dernière année, mais cela s’est rarement converti en achat de toiles. « Le bilan, c’est qu’on a mis beaucoup d’efforts pour peu de résultats », tranche la propriétaire.
La Ville blâmée
Le peu d’intérêt de la part de la population maskoutaine a fait mal au groupe O en art, mais selon Mme Tétreault, la faute revient surtout à la Ville qui n’en fait pas assez pour ses artistes. « Nous n’avons toujours pas de réponse de la Ville au sujet de la politique d’acquisition d’œuvres d’art que nous sommes plusieurs à demander. Quand on expose à la Médiathèque, l’artiste doit faire don d’une de ses œuvres. La Ville ne paie pas un sou pour obtenir des œuvres de ses artistes, alors que dans d’autres villes, c’est tout le contraire », soutient l’artiste-peintre, qui pense que Saint-Hyacinthe devrait s’inspirer de villes comme Drummondville qui encouragent bien plus ouvertement l’art visuel local. « Le maire Corbeil a déjà dit que Saint-Hyacinthe n’avait rien à envier aux autres villes pour la qualité de l’art visuel. Il est temps de joindre le geste à la parole. »
Après O en art
La galerie fermera officiellement au courant du mois de septembre, la quatrième à disparaître depuis une quinzaine d’années selon Manon Tétreault, mais celle-ci préfère regarder vers l’avenir. « Le groupe O en art est là pour rester. Nous sommes un groupe d’impact, on va continuer à organiser des événements et on va essayer de frapper un peu plus fort », illustre-t-elle. Elle n’exclut pas d’accueillir d’autres artistes qui partagent le même but dans le groupe.
De son côté, Manon Tétreault se prépare à deux symposiums où elle a été invitée. Celle qui est reconnue pour ses tableaux présentant des musiciens à l’œuvre peint davantage de chevaux ces jours-ci en vue de Bromont en art du 25 au 27 août. Elle est aussi très fière d’être parmi les artistes choisis au Symposium de Danville, du 1er au 4 septembre. Quant à l’école de peinture qu’elle avait ouverte dans les locaux de O en art, elle déménagera dorénavant à l’École des beaux-arts sur le boulevard Casavant. Bref, la vie continue pour Manon Tétreault, même si un chapitre important se termine pour elle. « On ne ferme pas toutes les portes, mais celle de la galerie, je dois la fermer », conclut-elle.

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