1 décembre 2011
Une bonne affaire et une moins bonne?
Par: Martin Bourassa

La Ville de Saint-Hyacinthe et le Groupe Robin ont enterré la hache de guerre au couvent de la Métairie. Les autorités municipales débourseront autour de 2 M$ pour sauver le vétuste bâtiment de la démolition. Il faudra ensuite investir un autre 3 M$ pour rénover et adapter l’endroit au bénéfice de groupes culturels.

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La Ville de Saint-Hyacinthe et le Groupe Robin ont enterré la hache de guerre au couvent de la Métairie. Les autorités municipales débourseront autour de 2 M$ pour sauver le vétuste bâtiment de la démolition. Il faudra ensuite investir un autre 3 M$ pour rénover et adapter l’endroit au bénéfice de groupes culturels.

Il y a du bon et du moins bon dans cette nouvelle et cela n’a rien à voir avec le prix payé à Robin qui semble un prix juste, considérant ses ambitions.L’élément le plus positif à mes yeux est la fin de la querelle inutile entre la Ville et le promoteur, une querelle qui indisposait bien des gens, à commencer par les soeurs de La Charité. La congrégation s’est retrouvée impliquée bien malgré elle dans un différend qu’elle n’a jamais souhaité, ni encouragé. Puis, les deux parties n’avaient absolument rien à gagner à étirer plus longuement les hostilités et à laisser le différend envenimer davantage leurs relations d’affaires actuelles et futures.Le compromis apparaît donc comme la solution la plus sage dans les circonstances.Il permet de reléguer aux oubliettes les rancunes et les rancoeurs et de passer l’éponge sur certains commentaires très durs qui ont été faits d’un côté comme de l’autre.De là à crier au coup de génie, il faut toutefois se garder une petite gêne.Il ne faut pas perdre de vue l’objectif et l’ampleur de cette dépense. Le couvent de la Métairie évitera peut-être le pic des démolisseurs, mais à quel prix?À gros prix en ce qui me concerne. Je demeure convaincu qu’il aurait été plus rentable et profitable à l’ensemble de la communauté d’investir ses 5 M$ ailleurs, dans un bâtiment pensé et conçu d’abord en fonction des besoins et des attentes de ses utilisateurs.Il n’est pas dit non plus que l’idée de vouloir faire du neuf avec du vieux ne sera pas plus coûteuse à terme. Et cette dépense reviendra peut-être hanter les élus dans trois, cinq ou dix ans quand un bâtiment d’une valeur patrimoniale et architecturale certaine cette fois devra être sauvé ou restauré à grands frais par un effort concerté.Personnellement, j’ai encore du mal à me faire à l’idée que la Ville de Saint-Hyacinthe ait laissé l’entreprise privée mettre la main sur le couvent des Pères Dominicains pour en faire un édifice à condos au lieu de le mettre en valeur à des fins publiques.Il en aurait peut-être été autrement si le couvent des Pères Dominicains avait été situé à La Providence, dans le quartier du conseiller Bernard Barré. C’est à lui que le conseil vient de faire une fleur en assurant la sauvegarde du couvent de La Métairie.Il en faisait une affaire personnelle et sa grande priorité. Il a mis toute son influence dans la balance et il saura sans aucun doute récupérer le tout lors de la prochaine campagne électorale, en novembre 2013. C’est dans deux ans à peine.Justement, on devrait avoir une meilleure idée à ce moment de la valeur réelle, de la pertinence et de l’utilité du sauvetage municipal du couvent de la Métairie.La démonstration reste à faire.

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