5 août 2021
Une bonne partie du stationnement du Centre des arts disparaîtra sous peu
Par: Sarah-Eve Charland

Toutes les cases de stationnement derrière le Centre des arts Juliette-Lassonde seront amputées. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’entièreté des cases de stationnement à l’arrière du Centre des arts Juliette-Lassonde disparaîtra au profit des travaux de construction du projet Fridöm de Groupe Sélection et de l’aménagement de la place des spectacles. Afin de diminuer les impacts de la disparition de ces 247 cases, la Ville de Saint-Hyacinthe propose des stationnements alternatifs qui regrouperont 377 nouvelles cases.

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Le centre-ville de Saint-Hyacinthe sera en chantier au cours des prochaines années avec les nombreux projets immobiliers qui doivent être entamés prochainement, dont le projet de Groupe Sélection. La Ville assure avoir un plan pour atténuer les impacts de ces chantiers sur la circulation.

Un communiqué publié le 21 juin donne un avant-goût des mesures que prennent la Ville et ses partenaires – la Société de développement commercial (SDC) centre-ville, le Centre des arts Juliette-Lassonde et Saint-Hyacinthe Technopole. Parmi les mesures, l’ajout de 377 cases de stationnement alternatif pour compenser la perte du stationnement du Centre des arts.

« Les 247 cases se trouvant derrière le Centre des arts Juliette-Lassonde sont appelées à être perdues définitivement, ce qui inclut l’espace représentant 89 cases que la Ville a vendu à Groupe Sélection pour son projet et l’espace nécessaire pour le chantier : les roulottes de chantier, l’entreposage des matériaux et le stationnement des ouvriers », explique le directeur général de la Ville de Saint-Hyacinthe, Louis Bilodeau. Les autres cases seront perdues définitivement lorsque la Ville réalisera son projet d’aménagement de la place des spectacles, quelque part en 2022.

Le président du conseil d’administration du Centre des arts, Jean-Pierre Boileau, ne s’inquiète pas de cette perte. Selon lui, les utilisateurs ont accès à suffisamment de stationnements aux alentours. « Je ne crains pas que cela ait un impact sur l’achalandage du Centre des arts. On n’est pas obligés de se stationner à côté du Centre des arts. À la fin, on devrait avoir une augmentation des places de stationnement, mais pas à côté du Centre des arts. Si vous allez à Montréal, des fois, on peut marcher longtemps. En plus, nos stationnements sont gratuits », affirme-t-il.

M. Boileau voit plutôt d’un bon œil l’aménagement d’une place des spectacles même si cela signifie la disparition du stationnement. L’offre culturelle ne sera que bonifiée, selon ce dernier. « On est très heureux de la place des spectacles. De pouvoir donner à même notre établissement des prestations extérieures, c’est quelque chose de merveilleux. C’est un élément enthousiasmant. »

Du gravier sur un terrain de soccer

En échange des 247 cases perdues, la Ville propose la mise en place progressive de 213 cases de stationnement alternatif aux Loisirs Christ-Roi et 164 chez Intact Assurance, pour un total de 377. Ces cases seront contrôlées avec vignettes par la SDC et seront destinées aux travailleurs du centre-ville. Un service de navette en boucle toutes les 15 minutes doit aussi être instauré pour accommoder les travailleurs obligés de se stationner plus loin qu’à l’habitude. Ces mesures alternatives seront offertes gratuitement, mais les cases déjà tarifées au centre-ville demeureront telles quelles.

Le stationnement alternatif aux Loisirs Christ-Roi sera aménagé sur le terrain de soccer. La Ville y ajoutera du gravier. Des « mini-terrains » seront aménagés à d’autres endroits, mais l’emplacement de chacun d’entre eux n’est pas encore connu. « C’est un stationnement temporaire créé de toute pièce. Il y a différentes stratégies qui ont été mises en place pour garder des espaces verts pour nos jeunes sans les pénaliser. Concernant leur emplacement, ils sont en train de regarder ça avec l’équipe du Service des loisirs », dit Brigitte Massé, directrice des communications à la Ville de Saint-Hyacinthe.

La coordonnatrice aux Loisirs Christ-Roi, Cynthia Dolbec, admet que le terrain de soccer était peu utilisé. La corporation privilégie davantage l’espace de l’autre côté du terrain, près du pont, et le parc T.-D.-Bouchard. « Pour nous, en tant que corporation, on n’avait pas de soccer. C’était un très vaste terrain de soccer. Maintenant, les gens apprécient beaucoup plus des plus petits terrains. C’est pour cette raison qu’on a accepté. »

Ces stationnements alternatifs sont temporaires. Quant à la durée de ces mesures alternatives, on n’ose pas encore donner d’échéancier précis. La Ville mettra aussi en place une escouade mobilité qui sera chargée de s’assurer de la fluidité de la circulation dans le centre-ville.

« Le centre-ville sera véritablement en chantier pour les prochaines années : on est un peu victimes de notre succès! On ne sait pas si d’autres projets structurants pourraient s’ajouter à ceux déjà prévus, mais on s’attend à vivre avec cette situation au moins pour les trois prochaines années », estime le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil. D’ici là, le nombre de cases offertes par Intact Assurance peut aussi être revu à la baisse selon les besoins de l’entreprise pour ses propres employés. « Ça va évoluer selon les besoins, on va composer avec ce qu’on va nous offrir », résume le maire.

Enjeu à long terme

Bien consciente que la question des stationnements perdus est un sujet toujours sensible au centre-ville, la Ville de Saint-Hyacinthe soutient que le bilan des dernières années a été très positif sur ce plan. « Les 377 cases de stationnement alternatif dépassent largement les 247 cases que l’on va perdre derrière le Centre des arts. De plus, rappelons que l’on avait déjà gagné des places ces dernières années sur le site du Groupe Léveillé, derrière le Liquidagolf », relativise Louis Bilodeau.

À plus long terme, d’autres solutions devront être trouvées pour enrayer les problèmes de disponibilité du stationnement au centre-ville. « Dans quelques années, l’option d’un stationnement étagé sera peut-être retenue? », lance Brigitte Massé au sujet de cette idée qui circule déjà depuis un certain temps au centre-ville maskoutain.

Avec la collaboration d’Olivier Dénommée.

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