2 novembre 2017
Une culture du char à changer
Par: Le Courrier

Madame Chantal Goulet, Monsieur Claude Corbeil, Candidate et candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe Madame, monsieur,

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Je suis certaine que la santé et la sécurité de vos citoyens vous tiennent à cœur. Pourtant, avec la saison froide qui arrive (ou qui finira bien par arriver un jour), sachez que ceux-ci sont mis en péril par l’absence d’entretien rapide et/ou efficace des trottoirs et pistes cyclables durant l’hiver. Chaque année, les piétons et cyclistes doivent partager la route en plusieurs occasions avec les automobiles, sur une surface glissante et dans un espace réduit par les congères de neige, ou encore emprunter des trottoirs glacés ou ensevelis sous la neige (lorsqu’il y a des trottoirs). Pourtant, le transport et les changements climatiques font partie des cinq thèmes du plan d’action environnemental de la ville. Votre bilan 2014-2017 indique même : « Développement d’une réflexion sur la mobilité active intégrant le déploiement du plan directeur du réseau cyclable, de l’encouragement au transport actif avec « Mon école, à pied, à vélo » (…) » Comment justifier alors par exemple que le dernier conseil ait décidé de ne plus entretenir 30 % des trottoirs? Il semble y avoir une divergence majeure entre les prétentions de la Ville et ses actions. Je m’y prends donc à l’avance, avant les premières chutes de neige, et profite de cette campagne électorale pour vous faire quelques suggestions d’actions qui rehausseraient sûrement votre prochain bilan.

Vélo

À Copenhague, saviez-vous que les pistes cyclables étaient dégagées avant même les rues après une bordée de neige? Cela démontre l’engagement réel de l’administration de cette ville envers les cyclistes! Ici, AUCUNE piste cyclable n’est entretenue durant l’hiver. Pourquoi ne pas établir un projet pilote de déneigement sur la longue piste Sacré-Cœur-Nelson-Sicotte cette année? Il s’agit selon moi de l’axe le plus fréquenté par les cyclistes, d’autant plus qu’il mène au Quartier des études supérieures et que les étudiants sont de grands utilisateurs du vélo. Sur cette piste cyclable, deux feux de circulation sont particulièrement dangereux pour les vélos et piétons : celui situé coin Ste-Anne et celui coin Choquette. Pour le premier, de façon qui défie toute logique, le feu pour les automobiles survient avant celui pour les piétons! Pourtant, le feu piétonnier est mis en place justement pour accorder la priorité aux personnes vulnérables aux intersections. Est-ce à dire que ce sont les pauvres automobiles qui ont besoin d’être protégées? Dans le deuxième cas, le feu piétonnier fonctionne bien heureusement, mais lorsque le cycliste ou le piéton n’a pas le temps de l’actionner (lorsque le feu a déjà viré au vert), les automobiles qui tournent à gauche sur Sicotte en provenance de Nelson ne portent pas du tout attention aux piétons et vélos qui se sont engagés sur la voie et ne leur cèdent pas le passage. Pourtant, sur un feu vert, les véhicules allant en ligne droite (dans le cas présent, les vélos sur la piste cyclable) ont priorité sur ceux tournant à gauche ou à droite (ici les autos). Serait-ce possible d’améliorer la signalisation à cet endroit?

Piétons et personnes à mobilité réduite

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de traverser le tunnel piétonnier de la rue Bourdages l’hiver, mais l’eau s’y accumule au moindre redoux et y gèle aussi vite, y causant l’accumulation d’une quantité considérable de glace. Les piétons et vélos risquent de s’y casser le cou à chaque traversée. Une passerelle de bois est parfois déposée à cet endroit lorsque sa chaussée est vraiment trop impraticable, mais comment traverser cette passerelle avec une marchette ou un triporteur? Nous avons dû réchapper un homme qui y était pris l’an dernier avec sa chaise motorisée. Or, ce passage est essentiel aux piétons de ce quartier afin de les relier au centre-ville. Pourquoi ne pas y accorder la priorité lors du déneigement? Je m’interroge encore sur la décision de ne déneiger le trottoir que sur un seul côté des petites rues durant l’hiver. Est-ce à dire que les citoyens situés du mauvais côté ont moins le droit d’être piétons que les autres? Ils paient pourtant des taxes similaires à leurs voisins d’en face! Que penserait-on d’une municipalité qui ne dégage que la moitié de la rue pour le passage des autos? Trouverait-on cela sécuritaire? Il serait temps de réviser cette politique, car économiser sur le déneigement au détriment des enfants, personnes âgées et autres personnes vulnérables qui veulent (et ont le droit légitime) de se déplacer à pied en toute sécurité et en tout temps, ce n’est certainement pas rentable à long terme. Pour encourager les déplacements actifs, nul besoin de formule magique, il faut simplement décider à qui appartient la ville : aux automobilistes ou encore à ceux qui y marchent ou pédalent? Lors de la consultation sur le projet Réseau Sélection, le directeur général de la ville, Louis Bilodeau, déplorait que Saint-Hyacinthe ait une culture du char : changeons cela dès cet hiver! Ça suffit!

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