17 juillet 2014
Théâtre de la Dame de Coeur
Une dose d’audace à Upton pour démystifier l’autisme
Par: Le Courrier

Le Théâtre de la Dame de Coeur (TDC) d’Upton propose une expérience plus particulière cette année avec sa production Le Plieur d’Avions. Jusqu’au 23 août, Richard Blackburn et son équipe y vont d’audace et mettent en scène une incursion dans le monde du petit Ted, un enfant autiste dont les parents tentent à tout prix de comprendre son univers.

C’est une véritable expérience culturelle qui est offerte aux familles par le TDC et il serait faux de croire que ce spectacle de marionnettes géantes s’adresse uniquement aux tout-petits. Richard Blackburn, directeur artistique du TDC est catégorique à ce sujet d’ailleurs, c’est un spectacle à deux couleurs pour que le public de tous âges se sente interpellé par la présentation.

Si les créateurs ont été impressionnés par le thème sur lequel ils ont bâti cette pièce, les spectateurs le seront tout autant, fascinés par la magnificence des imposantes marionnettes qui composent l’univers de Ted. Et si le TDC y est allé d’audace en présentant une pièce avec un thème aussi délicat, c’est avec fantaisie que l’on vit les états d’âme par lesquels passent ces enfants bien souvent incompris.À l’aide de projection sur un écran D.E.L. juché sur une pile de papiers, les parents de Ted, accompagnés de différents spécialistes, apparaissent et échangent sur un moyen d’aider le jeune garçon. Will, le jouet mal aimé de Ted, fait ensuite son apparition : un robot maladroit aux apparences éclatantes qui s’exprime bruyamment. Il tente de développer une proximité avec le garçon toujours dans la lune, qui plie, replie et déplie des avions de papier.Contre son gré, Will fait exploser les colères de Ted et c’est là que les marionnettes géantes – des animaux en origami et des papiers chiffonnés – entrent en jeu. Les émotions sont palpables par le biais d’éclairages rougeâtres et de musique et vient toujours le moment où le clown – un comédien – , déployé par les spécialistes dès le début de la pièce, arrive pour calmer la géante Chiffonne, marionnette à l’image des colères de l’enfant.L’action se passe sur 270 degrés dans la salle, et parfois, quand des choses se produisent d’un côté et de l’autre de la scène, et même au plafond avec des avions qui passent juste au-dessus du public, il est difficile de concentrer son attention à un seul endroit et de constater le détail qui se cache dans tout ce travail exceptionnellement réalisé. Il faut d’autant plus noter le travail de deux finissants du programme de Génie mécanique de l’Université de Sherbrooke qui ont aidé au développement des méthodes d’animation des marionnettes. De tout ce processus résulte une exécution précise de tous les personnages.Ce qu’il faut retenir de toute cette mise en scène qui dépeint la réalité de beaucoup de familles du Québec et d’ailleurs, c’est que le lâcher-prise doit faire son apparition à un moment ou à un autre et qu’à ce moment, il se produit des miracles. Toute la recherche derrière la démarche de production du Plieur d’Avions prend son sens et fait réfléchir.Le Plieur d’Avions est présenté au Théâtre de la Dame de Coeur d’Upton du mercredi au dimanche à 20 h 45 en juillet et à 20 h 15 à partir du mois d’août.

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