30 mai 2019
Faculté de médecine vétérinaire
Une doyenne bien en selle
Par: Jean-Luc Lorry

Des dossiers majeurs attendent la Dre Christine Theoret, doyenne de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal qui est située à Saint-Hyacinthe. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Doyenne de la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de Saint-Hyacinthe depuis presque un an, la Dre Christine Theoret devra relever plusieurs défis de taille, dont celui d’assurer le renouvellement de l’agrément de l’institution.

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Cette gestionnaire a reçu récemment LE COURRIER à son bureau de la Faculté pour faire le point sur les dossiers de l’heure.

Professeure d’anatomie et spécialiste en chirurgie des grands animaux (bovins et équins), Christine Theoret a été nommée doyenne le 25 janvier 2018. Elle a pris ses fonctions le 1er juin pour un mandat de cinq ans.

Elle succède ainsi au Dr Michel Carrier qui a occupé la fonction de doyen sur trois périodes s’échelonnant de janvier 2010 à mai 2018.

La candidature de Christine Theoret s’est distinguée par rapport à celles d’une douzaine de prétendants au poste de doyen. « Nous sommes choisis à cette fonction pour nos exploits comme enseignant et comme chercheur. Actuellement, je développe mes habiletés en gestion », indique en entrevue au COURRIER la Dre Theoret.

Renouvellement de l’agrément

L’agrément représente un sceau d’excellence par la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.

« Il existe 48 écoles agrémentées à l’échelle mondiale, dont les cinq facultés de médecine vétérinaire situées au Canada, souligne Christine Theoret. Sans l’agrément, le diplôme de nos élèves serait reconnu uniquement au Québec. »

L’agrément couvre une période de sept ans. « Nous sommes évalués sur 11 standards, dont l’organisation, les finances, les infrastructures et les équipements et les ressources cliniques. Tout doit être conforme aux standards », précise Christine Theoret.

L’American Veterinary Medical Association (AVMA) en association avec la Canadian Veterinary Medical Association (CVMA) délégueront du 8 au 15 décembre 2019 des représentants pour une visite des installations.

La dernière visite remonte à 2012. « Nous nous préparons 16 mois à l’avance. Nous sommes actuellement à l’étape d’auto-évaluation et cela se passe très bien », assure la doyenne.

La FMV obtiendra une décision quant à son renouvellement d’agrément en septembre 2020.

Défi de l’expansion

Un autre défi pour l’actuelle direction est l’analyse des options envisageables pour agrandir le site de la FMV.

L’institution doit réviser sa stratégie à la suite de l’impossibilité d’acquérir le terrain du Centre d’insémination artificielle du Québec (CIAQ). La vente avortée de cette propriété s’était faite au bénéfice de Boviteq, une société apparentée.

« Nous devons revoir le plan de développement de nos infrastructures. Je veux que cette réflexion reprenne avec l’Université de Montréal », mentionne la doyenne.

Dans ce dossier, un consortium a été mandaté impliquant une firme d’architecture. « Nous devons procéder à une mise à jour du patrimoine bâti. Comme nous sommes enclavés, nos possibilités d’expansion sont limitées. Par conséquent, nous devons maximiser l’espace disponible des pavillons existants. »

Pénurie de vétérinaires

Le manque de médecins vétérinaires dans le secteur des grands animaux inquiète la doyenne.

Selon la Dre Theoret, la présence devétérinaires dans le secteur agricole et agroalimentaire est cruciale. « Ils représentent les gardiens de la sécurité alimentaire », souligne-t-elle.

Pour inciter des étudiants à exercer leur future profession auprès de grands animaux, la FMV collabore avec le ministère de l’Agriculture qui offre une aide financière pour des stages incitatifs en médecine vétérinaire dans le domaine bioalimentaire.

Selon Mme Theoret, la solution n’est pas d’augmenter la taille de la cohorte. Actuellement, l’établissement reçoit environ 1000 demandes d’admission pour 96 places.

« Nos infrastructures ne peuvent accueillir davantage d’étudiants. La taille de nos laboratoires est limitée », précise Mme Theoret.

Celle-ci considère que l’une des solutions serait de rendre plus facilement accessible la formation à des étudiants qui résident dans des régions touchées par la pénurie de médecins vétérinaires.

En plus du secteur des grands animaux, celui des animaux de compagnie commence lui-aussi à manquer de vétérinaires. « Cette pénurie est perçue, mais non documentée de façon rigoureuse », note la Dre Theoret.

Cette situation jugée préoccupante s’observe dans plusieurs régions du Québec. En collaboration avec l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec, la FMV souhaite réaliser une étude pour dresser un portrait de la situation et identifier les régions les plus touchées.

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